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MessageSujet: Fiche   Mer 28 Jan 2015 - 22:35


Kathaleen Margery Andersen

∇▲∇

❝ Who I am from the start ?
prénom/pseudo : Eva/Cookie/Kenthira… Comme vous voulez ^^
âge : Mamie est dans la place : 33 depuis peu.
célébrité choisie : Isabelle Boulay.
groupe choisi : I will look out for myself, that's the smartest thing to do.
scénario ou inventé ? Scénario.
comment as-tu connu le forum ? Par Chouchou euh… Tobias ^^
disponibilité : Je pourrais dire 7/7 mais disons 5 pour pas faire de fausse joie x)
multicomptes ? Not yet.
des questions ? un avis ? :wouah:
un petit mot pour la fin ? Cookiiiiiiiieeeeeee !
Nom : Andersen, mais le nom de jeune fille de sa mère est O’Riordan. Prénoms : Kathaleen (l’innocente) Margery. Âge : 27 ans, bientôt 28. Date et lieu de naissance : 6 août 1970 près de Galway en Irlande. Je suis lion et chien. Je sais pas trop ce que ça implique, et j'y crois pas vraiment de toute façon, mais on m'a sorti une fois que c'était pas étonnant. Me demandez pas pourquoi, ça m'intéresse pas de toute façon... Nationalité et origines : Irlandaise. Sang : Sang-mêlée : mon père était loup avant moi, et son sang qui coule dans mes veines est autant un don qu’une malédiction. Ma mère, en revanche, était non-sorcière, et quand elle a compris ce que nous étions, elle s’est enfuie, nous abandonnant, mon frère aîné qui lui pourtant n’avait rien demandé, et moi. J’ignore ce qu’elle est devenue, si elle a refait sa vie ou non. Et j’avoue qu’une part de moi aimerait le savoir, même si je lui en veux un peu de nous avoir laissé tomber. Statut marital : Célibataire. Qui voudrait d’une créature comme moi, hein ? Profession/Année d'études : Ex-Employée au Département des Mystères. Ex-Maison : Slytherin. Et n’allez pas croire que je sois sans cœur comme on l’imagine souvent, non. Simplement… Certaines des qualités prônées par Salazar se retrouvent dans mon caractère. L’ambition, par exemple. Et un certain opportunisme. Ca ne veut pas dire pour autant que je sois prête à tout et n’importe quoi, j’ai aussi mes principes. Le choixpeau a hésité pourtant. Un moment. Un long moment. Je me souviens avoir entendu quelqu’un murmurer « c’est un choixpeau flou » avant qu’il ne finisse par se décider pour la maison des verts. Le courage, l’impulsivité des rouges, l’intelligence des bleus, la loyauté des jaunes… Ca marchait aussi. Animal de compagnie : Grands Dieux non ! Aucun ! Baguette : Bois de cannelier, 17,3cm, croc de loup rouge. Délicatement ciselée, toute fine, il faut croire qu'elle est un peu à l'image de sa propriétaire. Elle est particulièrement indiquée pour les sortilèges de protection, de séduction et d'endurance, ainsi que pour tout ce qui touche aux domaines artistiques. En revanche, elle rechigne à être utilisée dans un but létal. C'est la quatrième baguette que j'utilise et c'est « drôle » mais toutes ont eu un cœur provenant d'un type de loup, garou ou non, quel qu'il soit. Griffe de loup-garou pour la première, poils de loup arctique pour la seconde, et nerf de cœur de loup noir des forêts d'Amérique du Nord pour la troisième. J'espère juste que celle-ci aura moins de malchance que les trois autres... Patronus : Un hippocampe. Il représente l'importance du père, la fidélité, le respect et la franchise, paraît-il. Et comment dire... Bah je crois que c'est pas complètement aberrant, hein... Épouvantard : Un loup dévorant un corbeau… puis déchiqueté par une myriade de volatiles aux ailes sombres. Amortentia : Un curieux mélange entre l’odeur de l’orage, celle d’un agrume indéfini – et variant selon les jours, question d’humeur peut-être – et du chocolat. Miroir du Risèd : Moi-même sous les rayons de la Pleine Lune, tout ce qu'il y a de plus humaine, et auprès d'une famille qui est censée être la mienne. Un mari ? Un frère ? Des enfants ? Il y a des hommes autour de moi, mais je ne sais pas trop quels sont nos liens. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont forts... Et qu'ils m'ont manqués. Particularité(s) magique(s) : Lycanthrope. Et non, ma forme lupine n'est pas rousse mais il s'agit de celle tout à fait banale du loup européen : un loup gris comme les autres, au pelage pâle avec quelques zones plus foncées et le ventre blanc... Domaine(s) de magie favori(s) : Potions et herboristerie. Domaine(s) de magie détesté(s) : Histoire et métamorphose. Résultats aux BUSES : Botanique : O – Potions : O – Sortilèges : A – DCFM : A – Métamorphose : P – Histoire de la Magie : T – Astronomie : A – Etude des Moldus : E – Etude des Runes : A. Résultats aux ASPICS : Botanique : O – Potions : O – Sortilèges : A – DCFM : E – Métamorphose : P – Histoire de la Magie : T – Astronomie : P – Etude des Moldus : E – Etude des Runes : E. Position dans le Régime Mangemort : En fuite. Il ne fait pas bon être Louve ces derniers temps...

❝ Take me home to my heart.
Courageuse ◆ Sauvage ◆ Indépendante ◆ Impulsive ◆ Intelligente ◆ Ambitieuse ◆Charmeuse ◆Arrogante ◆ Indulgente envers les erreurs des autres ◆ Maladroite ◆ Protectrice envers ceux que j'aime ◆ Affreusement jalouse ◆ Passionnée ◆ Rancunière ◆ Plus sensible que je ne veux bien le laisser croire ◆ Terriblement susceptible

Plus jeune, j'ai été « légèrement » complexée par les rondeurs que j'avais. Bon d'accord, très complexée. Je ne supportais pas qu’on évoque mes formes, et comme je suis quelqu'un d'à la fois susceptible et rancunier, c’était souvent le motif des misères que je pouvais provoquer. A plus ou moins long terme, d'ailleurs. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, avec moi, ça pouvait même être glacé. En découlait en tous les cas que ma pudeur naturelle s'en est trouvée exacerbée, et je ne me dévêtais jamais devant quiconque, même de confiance. Jamais ô grand jamais. A l'époque, j'avais toujours l’air calme, voire distante, imperturbable vis-à-vis de tout et de tous, mais il ne s’agissait que d’un artifice, une façade : Si la pire des nouvelles semblait me laisser de marbre, ça bouillonnait à l'intérieur de moi, et je crois que pas mal de monde craignait un peu le jour où tout ce que j'emmagasinais exploserait au grand jour…

Adolescente, j'ai changé, aussi bien physiquement que mentalement, et j'ai vite compris qu’un physique agréable pouvait être une arme redoutable face à la gente masculine. Et j'en ai profité, éhontément. Un décolleté plongeant, une jupe relevée dévoilant des jambes galbées, oui, cela faisait partie de ce dont j'usais face à ces messieurs pour parvenir à mes fins, ou pour le simple plaisir de voir leurs regards, emplis de désir, et non plus du dégoût ou de la pitié que j'y ai si souvent vus auparavant. Je suis devenue plus ouverte, plus joueuse assurément, peut-être un peu trop exubérante parfois, n’hésitant pas à sauter au cou de ceux que je connaissais ou que je cherchais à séduire pour obtenir ce que je voulais. La jeune fille effacée a laissé place à une femme flamboyante, autant que sa crinière, et peut-être un peu trop opportuniste parfois, je dois bien l'admettre. Certains ne m'appréciaient pas, et alors ? J'avais suffisamment de conquêtes et d'aventures diverses pour me prouver ma valeur, et me montrer aussi un travers que je pouvais avoir : je suis extrêmement jalouse et possessive. Et pas seulement au niveau amoureux d'ailleurs... Ce qui est à moi est à moi, et je ne supporte pas qu'on me le prenne...

Récemment, pourtant, le feu s'est éteint, n’en restent à présent plus que des braises. Je ne suis pas vraiment repartie en arrière, je n'ai pas tout oublié, et je ne suis pas aussi renfermée que j'ai pu l'être petite. Je me sais plutôt jolie, c'est pas le souci, et quelque part, je pourrais continuer à en jouer, mais... à quoi bon ? Il y avait une personne pour qui je voulais que ça compte, et il n'est plus là. Je n'en suis pas non plus à complètement me morfondre, loin de là. Je ne baisse pas complètement les bras, et ma volonté reste intacte concernant mes ambitions, mais j'ai perdu le goût du jeu auquel je jouais depuis des années depuis que je m'y suis brûlé les ailes. Plus de regards aguicheurs, plus d’embrassades osées, plus de décolletés plongeants… Mais toujours une terreur incontrôlable concernant toutes les volatiles. Ca, je crois que ça ne changera plus jamais. Si je reste particulièrement susceptible, mes réactions se sont quelque peu tempérées – parfois, je regrette d’être partie si vite, sans attendre d’explication, bien qu’au fond, je sache qu’aucune ne m'aurait semblé valable – et mes rancunes et mes répliques cinglantes sont devenues moins systématiques. Quelque part, je voudrais pouvoir revenir en arrière. Parce qu'à présent, je sais que je n'aurais jamais d'au revoir digne de ce nom, ni même d'explication : il n'est plus là pour me les apporter.

∇▲∇
J'ai un frère, plus vieux, qui n'est pas loup-garou, mais dont je n'ai que peu de nouvelles depuis que je suis en fuite ◆ J'adore la sensation de vol et de vitesse, c'est pourquoi je possède une collection impressionnante de balais volants, que j'emmène partout avec moi ◆ Du fait que je sois née avec le gène de loup-garou, je peux  retarder de quelques minutes ma transformation ◆ Horriblement maladroite, j'ai déjà cassé trois baguettes, toutes comportant un cœur provenant d'un loup ◆ Je suis capable de savoir si quelqu'un me ment, et je déteste ça, d'ailleurs ◆ Précédant les nuits de pleine lune, je porte toujours une longue cape ainsi qu'une capuche afin de cacher mes yeux qui se teintent de jaune ◆ J'ai possédé un oiseau, petite, que j'aimais énormément. Je lui ai rendu sa liberté juste après mon accident, mais je n'aurais pas cru qu'il reviendrait me voir, régulièrement, pendant les années suivantes... ◆  Je l'ignore encore, mais ma mère a refait sa vie. Et elle a eu un fils, à qui elle a fini par avouer mon existence. Mais qui sait comment je réagirais si je venais un jour à rencontrer cet Eoghan ?... ◆ Je trouve ma voix trop grave et rocailleuse pour être agréable. Ca ne m'empêche pourtant pas de chantonner dans mon coin, et je pense être plutôt juste. Mais hors de question de le faire en public, cela dit. ◆ J'ai un coup de crayon correct, surtout pour les natures mortes et autres planches d'herboristerie. Je suppose que je devrais pouvoir dessiner autre chose, mais à vrai dire... je n'en ai pas vraiment envie.



❝ Let me go and I will run, I will not be silence.
La guerre est là depuis le 23 juin 1997, soit depuis un an maintenant. Mais qu'en pensez-vous ? Vous a-t-elle tout pris ? Pensez-vous qu'elle se terminera un jour ? Ou peut-être vous plait-elle ? Me plaire ? En quoi pourrait-elle me plaire ? Elle ne m'apporte rien. Et c'est pas vraiment comme si ma condition me donnait une place rêvée dans tout ça... Autant tout ça ne m'intéresse pas, d'un point de vue global, autant la façon dont ça m'affecte, comme ça m'oblige à fuir constamment, ça, ça me déplaît profondément. La discrimination des miens, ça ne me plaît pas. La perte de nos postes pour ce que nous sommes, ça ne me plaît pas. La meute Greyback qui a décidé de se placer près de Celui-qui-ne-doit-pas-être-nommé, ça ne me plaît pas. Après on va m'assimiler à eux. Et je ne suis pas comme eux. Je ne suis comme personne, en fait. J'ai toujours été indépendante, et j'ai toujours voulu l'être et le rester. J'avais ma vie, je n'avais rien demandé à personne. Je voulais juste que ça continue. Mais ça, manifestement, c'est impossible.

La Rébellion a vite gagné en notoriété depuis son apparition le 1er novembre 1997 ; vous ne pouvez pas ne pas la connaître... Comment vous positionnez-vous par rapport à elle ? Que pensez-vous de son retour imminent ? De ses quatre chefs ? De sa manière de faire ? A la base... Je m'en serais complètement fichue, comme un peu de tout ce qui ne me touchait pas directement, si je n'avais pas été Louve et discriminée pour ça. Pour le coup, je m'interroge. D'un côté, j'ai un peu d'admiration pour leur côté... suicidaire. Je trouve ça assez beau de prendre de tels risques pour le bien commun. Stupide, mais beau. De l'autre... j'ai qu'une crainte, que je sais fondée, en plus,  c'est que ça n'entraîne purement et simplement qu'une répression plus forte, et que ça finisse par me retomber dessus, ou sur quelqu'un que j'aime. Mon père, mon frère. Je ne supporterai pas d'apprendre qu'il leur est arrivé malheur à cause d'eux. Et si mon frère en faisait partie ? Honnêtement, ça ne serait pas impossible, mais j'espère de tout cœur que ça n'est pas le cas.

Que pensez-vous des Reliques de la Mort ? Et de la Vieille Magie ? Légende ou réalité ? Bien sûr que j'y crois ! Plutôt dur comme fer, même. Ca me fascine même totalement, et j'aimerais réellement en percer touts les mystères. Trouver les reliques, les tenir réellement dans mes mains. C'est un rêve que je sais irréalisable, mais ça n'empêche que je le caresse quand même. Quant à la vieille magie... Ma nature, mon existence même, ne pourrait-elle pas en découler ? C'est tout simplement des sujets qui me fascinent et que j'aimerais pouvoir étudier davantage. Le département des mystères était parfait pour ça... Mais la fuite ne m'en laisse pas vraiment l'occasion à présent.



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MessageSujet: Re: Fiche   Mer 28 Jan 2015 - 22:35


Kathaleen Margery Andersen

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❝ All this time spent in vain; wasted years, wasted gains.
Je n'ai pas vraiment de souvenir de ma mère, je ne sais guère plus que son nom, Aisling Onora O'Riordan, et le fait qu'elle était moldue. Elle est partie quand j'avais trois ans. Pour une raison que j'ignore, c'est à ce moment-là seulement que les Pleines Lunes ont commencé à faire effet sur moi. Pourquoi pas avant ? Pourquoi seulement à partir de mon troisième anniversaire ? Même mon père n'en a aucune idée, alors pourtant que cette malédiction me vient de lui. Il est Loup, et son sang coule dans mes veines. Quand la Lune ronde a eu pour la première fois effet sur moi, j'étais dans mon lit, dans la chambre juste à côté de celle  de ma mère, et il avait prétexté je ne sais quoi pour s'éloigner d'elle et courir sous sa forme Lupine dans la campagne avoisinante. Lorsqu'il est rentré, ma porte était barricadée, celle de mes parents tout autant, et ma mère recroquevillée dans un coin de la pièce. Un monstre, voilà ce que j'étais à ses yeux. Je n'étais qu'un Louveteau, et à peine éveillée, trop peu agile sur mes pattes, je n'avais pas représenté une menace, malgré la soif de violence qui m'avait pourtant étreinte. Elle avait entendu du bruit, était venue s'assurer que son enfant allait bien mais avait hurlé d'effroi devant la forme que j'avais revêtu, et claqué la porte avant même que je ne parvienne à être portée par mes pattes. Du peu que mon père a bien voulu m'en dire par la suite, j'ai passé la nuit à tenter de sortir, jusqu'à m'endormir au pied de la porte, au petit matin, au moment où je reprenais forme humaine, sans doute. Ma mère avait tourné la clef dans la serrure, et poussé tous les meubles qu'elle était capable de déplacer seule derrière le battant, avant de renouveler l'opération dans sa propre chambre. J'ai été réveillée par des cris, indistincts. Je ne comprenais pas ce qu'ils se disaient, mais il était clair qu'ils se disputaient. Et c'est la dernière fois que j'ai entendu le son de la voix de ma mère. Elle a bouclé ses valises et s'est enfui. Et mon père n'a rien pu faire pour la retenir.
 
« Où elle est maman ?
- Petite Kath... Maman est partie. Elle n'est pas comme nous et tu e sans encore trop petite pour le comprendre, mais... Souvent les gens ont peur de ce qui est différent d'eux.
- Mais pourquoi elle a peur de nous ? Pourquoi elle n'est pas comme nous ? C'est ma Maman... »
 
Je ne comprenais pas, je ne pouvais pas comprendre, en effet. Pourquoi ma mère m'avait-elle abandonnée ? Je n'avais, de toutes les manières, aucun souvenir de la nuit qui l'avait terrorisée, aucun moyen, alors, d'entrevoir pourquoi elle n'acceptait plus de vivre avec nous.
 
Mon père a tenté de m'expliquer ce que nous étions, maintes et maintes fois, pendant les semaines et les mois qui ont suivi. Au début, je refusais purement et simplement de l'entendre. Je ne pouvais pas être une Louve, et il ne pouvait pas être Loup, il suffisait de nous regarder dans le miroir. On était humains, c'était tout. Je refusais de l'accepter, et quand bien même la potion tue-loup aurait dû me permettre de garder ma conscience, mon esprit faisait clairement un blocage : je ne gardais jamais aucun souvenir des nuits de Pleine Lune. Pourtant le Louveteau que j'étais les passait à courir avec le Loup gris sombre que devenait mon père. J'ai fini par accepter la vérité, non pas grâce à un déclic quelconque, simplement à l'usure. Et j'ai commencé à me souvenir, alors, des nuits de course et de chasse. Sans grand engouement cependant. Mon père essayait de me montrer le bon côté de cette malédiction qu'il appelait don. La liberté, la communion avec la nature, les sens plus aiguisés aussi. Je n'étais pas d'accord avec lui. Quelle liberté lorsque les autres vous rejettent même sous forme humaine, et qu'on vous traque, dussiez-vous croiser la route d'un humain une nuit de Pleine Lune ? Quelle communion avec la nature, puisque tout ce que nos instincts nous poussaient à faire, c'était tuer ? Et quel avantage à avoir des sens plus aiguisés, si c'était pour passer pour un monstre lorsqu'une odeur subtile pour les autres nous agressait ?
 
J'ai passé mon enfance seule, loin des autres enfants qui, même sans connaître ma nature, me mettaient instinctivement à l'écart. Gourmande de nature, cherchant sans doute à compenser aussi, j'ai rapidement pris des formes que même l'activité des nuits de Pleine Lune ne parvenaient pas à faire réellement disparaître. Raison de plus pour me mettre à l'écart, avec force railleries au passage. Je haïssais les autres autant que je me haïssais moi.  Mon père s’attelait à tout m'apprendre. Lecture, écriture, mathématiques, oui, mais aussi rudiments d’herboristerie, bases concernant les ingrédients pour les potions, est tout ce qu'il savait sur les créatures magiques en général, et notre race en particulier… A me faire accepter des animaux aussi, ce qui a l'époque, était une des rares choses qui me ravissaient. Car notre nature les rendait naturellement méfiants, ils sentaient sans doute notre rôle inné de prédateurs, que pour ma part, j'abhorrais. C'est dans cette optique qu'il avait fait l'acquisition pour moi d'une ponette, que j'avais nommée Macha, et d'une fauvette des jardins que j'appelais Erin. Toutes deux m'étaient très précieuses, pourtant, je ne les ai pas côtoyées très longtemps...
 
Parce qu'il y a eu l’accident. J'étais sur le dos de Macha, et on était partis se promener auprès du Loch Coirib. J'ai toujours aimé cet endroit, sans pouvoir réellement expliquer pourquoi et aujourd'hui encore, les grands lacs m'attirent particulièrement. Tout aurait pu se passer bien, comme les fois précédentes à vrai dire, mais malheureusement pour moi, un corbeau a effrayé ma monture, qui dans la panique, a couru jusqu’à la berge où elle s’est arrêtée brusquement, me faisant vider les étriers. Je me suis retrouvée la tête la première dans l’eau, et depuis lors, je n'ai plus supporté la présence proche d’un animal, quel qu’il soit, particulièrement les volatiles. Chose étonnante cependant, je n'ai pas transposé mes peurs sur l'eau et l'engloutissement, pourtant. Peut-être que cette image fugace de mon sauvetage par un être de l'eau et mon affinité naturelle pour cet élément en est l'explication ? En tous les cas, c'est ainsi, et une phobie handicapante comme celle que j'ai pour les créatures animales est déjà bien suffisante. Mon père m'a retrouvée sur le bord du lac, trempée et à moitié consciente, une écaille d'être de l'eau dans la main, et je lui répétais sans cesse que c'était Brigid-Boann qui m'avait sauvée. Il m'a ramenée chez nous, mais je suis restée terrorisée par Macha, incapable de l'approcher, et ça ne s'est plus jamais arrangé. On a fini par s'en séparer, et j'ai pleuré des jours entiers, mais il me répétait qu'il valait mieux pour elle qu'elle soit avec une petite fille qui pourrait s'occuper d'elle. Et ça n'était pas mieux pour Erin. J'étais juste incapable de la toucher, j'essayais encore de lui donner ses graines mais dès qu'elle approchait de cinq centimètres, je reculais de trois pas. Et je lui ai rendu sa liberté, parce que si je ne pouvais pas la nourrir, il valait sans doute mieux qu'elle puisse le faire elle-même au moins. Elle est revenue, souvent, sur le bord de ma fenêtre. Je ne sais pas si un oiseau peut comprendre ce genre de choses, mais elle n'a jamais essayé de revenir sur ma main comme elle pouvait le faire avant. Elle me réveillait seulement en chantant parfois, puis repartait. Et puis elle n'est plus revenue. J'ai fini par comprendre qu'elle non plus, je ne la reverrai plus, et vu comme les oiseaux me terrorisent, ça aurait dû être un soulagement. Pourtant, ça m'a profondément attristée.
 
Quand il a été temps d'entrer à l'école de magie, mon père a fait montre d'un caractère particulièrement borné face au fabricant de baguette. Et étant donné son charisme naturel, « légèrement » accentué par sa nature de Loup, il a fini par céder et par accepter d'utiliser l'écaille de merrow comme cœur pour la mienne. En bois de cannelier, dont j'ai tout de suite remarqué – et apprécié – la fragrance et presque trop grande pour moi, je crois qu'à ce moment-là, j'avais envie qu'elle me convienne parce que ça aurait fait plaisir à mon père. Sauf que ça n'a pas été le cas. Rien n'y a fait, elle ne répondait pas. Mon père l'a tenue en main, et a pu s'en servir, mais moi... Rien. En désespoir de cause, il a accepté que l'artisan teste les siennes et la première qu'il a mise entre mes mains a tout de suite répondu. En bois de chêne noir et contenant une griffe de loup-garou, elle n'a malheureusement pas tenu très longtemps. Parce que je suis et ai toujours été... disons assez maladroite. Si bien qu'à la fin de ma deuxième année, elle est tombée avec moi dans les escaliers farceurs de Poudlard – où j'avais été répartie chez les Serpentards sans grande surprise pour ceux qui ont eu droit à mes mesquineries et mes rancunes ensuite – et n'y a pas survécu. A vrai dire, des chutes, j'en ai fait un paquet, sans jamais réellement me faire mal cependant. Réflexes de Louve peut-être, je retombais rarement mal, me rattrapais aux rambardes quand mes talons se prenaient dans les marches... Je ne peux pas en dire autant de mes affaires qui dévalaient parfois les escaliers jusqu'au palier suivant. Ni des fioles qu'un faux mouvement propulsait malencontreusement au sol.
 
« Vous êtes douée en potions, Miss Andersen, mais ce serait encore mieux si vous évitiez de détruire le matériel par inadvertance... »
 
Remarque récurrente qui me valait bien évidemment de nouvelles railleries... dont découlaient de nouvelles vengeances. Pour moi pourtant, à l'origine, intégrer la maison des ambitieux et des sournois selon la pensée commune, ça n'était pas vraiment une évidence au départ. J'étais plutôt réservée, et je ne me voyais pas réellement comme aussi hargneuse que certains de mes camarades, en guerre perpétuelle contre les rouges. Pourtant... J'avais beau être très réservée, n'avoir que peu de relations avec les autres, notamment parce qu'une part de moi restait profondément sauvage et capricieuse, et parce que je voyais bien leurs regards dépréciateurs sur ma silhouette trop ronde alors, je n'acceptais pas les moqueries, et tous ceux dont je remarquais les mesquineries dans mon dos finissaient, tôt ou tard, par s'en mordre les doigts. Ce qui n'aidait d'ailleurs en rien à mon intégration déjà inexistante, puisqu'on commençait à craindre mes vengeances.
 
Ce qui a été assez « drôle », par la suite – et je mets des guillemets parce que bon... j'en ai pas réellement ri – ça a été de voir le regard des gens évoluer, des garçons, surtout, quand mon physique s'est modifié avec les années. J'ai grandi, et je me suis affinée, ce qui fait que de la gamine boulotte, je suis passée à la jeune fille plutôt désirable...  et que j'en ai honteusement profité. On restait toujours sur ses gardes avec moi, je restais globalement à l'écart des autres, si bien que mes relations avec les hommes restaient éphémères et souvent intéressées. Parce que tant qu'à faire, autant joindre l'utile à l'agréable, n'est-ce pas ? Je n'ai jamais été particulièrement romantique, même si comme toutes les petites filles, j'ai pu rêver d'histoires à l'eau de rose que je savais pertinemment irréalisables, si bien que je n'ai pas vraiment eu de mal à profiter de ma nouvelle plastique sans état d'âme. C'était même clairement mieux ainsi. Tant qu'il n'y a pas de sentiment, il n'y a pas de risque d'être déçue, n'est-ce pas ? Certains de mes camarades, pourtant, voyaient leurs avances systématiquement refusées, et sauvagement encore : ceux-là même qui s’étaient moqués de moi quelques temps plus tôt, et qui espéraient peut-être que j'eusse la mémoire courte. Je crois qu'ils n’oublieront pas de sitôt qu’une rose, aussi belle soit-elle, possède toujours des épines, parfois même empoisonnées.
 
Quand il a fallu choisir nos options, ça n'a été une surprise pour personne dans mon entourage proche – et limité – que je rejette d'emblée les Soins aux Créatures Magiques. Bien au contraire, cependant, mon père a été très surpris que j'aie choisi l'Etude des Moldus, compte-tenu de l'abandon de notre mère. Mais bien au contraire, l'existence même de cet autre monde où elle avait disparu m'intriguait au plus au point. Ce monde où des êtres comme moi, comme nous, n'étaient censément que des légendes... J'étais particulièrement admirative devant la façon dont ils expliquaient ce qui leur semblait irrationnel, et les technologies qu'ils étaient capable de mettre au point pour palier à l'absence de magie dans leur monde. Ce qui n'empêchait pas que, paradoxalement, je m'intéressais aussi particulièrement à la Vieille Magie, quand bien même je trouvais l'Histoire de la Magie particulièrement ennuyeuse en général, et aux Runes. En fait, c'était les manifestations quelque peu hors normes de la sorcellerie qui me passionnaient, ce qu'un sorcier lambda n'était pas forcément en mesure de faire. Tout le monde lance des sortilèges, mais les Runes restent un langage plus secret, réservé à ceux capables de les décrypter. Quant à la Vieille Magie... elle nous est devenue tellement inconnue, que c'en est tout simplement fascinant. Et à côté de ça, il était vital pour moi de pouvoir réaliser certaines potions parfaitement. J'ai toujours été d'une nature assez indépendante, finalement, et devoir me reposer sur quelqu'un pour ma dose de Tue-Loup mensuel, c'était beaucoup trop contraignant pour moi. Et ça nécessitait de révéler ma nature à quelqu'un, de lui faire confiance... Non, ça, c'était bel et bien inconcevable sur le long terme. Pendant ma scolarité, je n'ai guère eu de choix, et le professeur de Potions avait été mis dans la confidence, contre mon gré, cela dit. J'en ai un peu voulu à mon père pour ça, mais je n'avais guère le choix. Alors j'ai rapidement tout fait pour me débarrasser de ce poids : il fallait que je sois capable de trouver et reconnaître les ingrédients, et que je sois en mesure de préparer moi-même ce si précieux philtre. C'était là, clairement, une des matières que je travaillais le plus.
 
Et ma deuxième baguette, d'ailleurs, a fini au fond d'une potion – il fallait bien que ça arrive un jour – et n'a pas supporté le traitement. Son cœur en poils de loup arctique est entré en conflit avec le philtre et a perdu ses pouvoirs, c'est devenu un morceau de bois inutile. Je sortais de cette mésaventure, un peu agacée, et je me suis défoulée entre guillemets dans les bras d'un camarade de maison... à la bibliothèque (les endroits où on peut être surpris ont quelque chose d'excitant, non ?), quand j'ai surpris un autre vert à une table, en train de bosser comme un forcené à en juger par la pile de bouquins à ses côtés. A cette heure, ni lui, ni moi, n'étions censés être là, et clairement, aucun de nous n'avait envie d'être surpris. J'en ai profité. Le lendemain, je suis venu le trouver, et j'ai mis en avant ce que j'avais compris. Parce que Dreogan était très fier de dire que sa réussite était « innée », qu'il avait en gros la science infuse. Or, je savais donc que ça n'était pas du tout le cas, que c'était un travail acharné qui lui permettait de se maintenir à niveau. Il n'a même pas essayé de se défendre, m'a juste regardée, la mâchoire serrée, en me demandant ce que je voulais.
 
« T'aider... Si tu me sers à devenir plus... populaire... »
 
Parce que soyons francs : j'étais tout à fait consciente du fait que bien que je n'aie pas de mal à trouver quelqu'un dans les bras de qui passer la nuit, je ne pouvais considérer personne comme... peut-être pas un ami, mais au moins un pote, un copain, quelque chose de ce genre. Si j'avais des relations avec les gens, c'était uniquement parce que je pouvais leur apporter quelque chose – mon corps en général – ou qu'ils pouvaient m'apporter quelque chose. Ami, c'était un mot que je ne connaissais pas. Et que je ne connaîtrais sans doute pas de sitôt, mais je crois que j'avais envie de voir ce que ça pouvait faire... d'être près de quelqu'un. C'était faux, évidemment, puisque ça tenait du chantage : je ne disais rien du secret de Dreogan s'il me laissait être auprès de lui, profiter de son propre cercle d'amis, et même, je l'aidais dans les matières où j'excellais, les potions et la botanique, par exemple. Mais c'était le plus proche que je pouvais avoir d'une relation normale, puisque tout le monde se méfiait de moi, sans même savoir pourquoi, tout le temps. Et à vrai dire, autant je ne supportais pas les moqueries, autant ça, je ne pouvais pas trop leur en vouloir. Je suis dangereuse, c'est un fait.
 
Bref. Il n'a pas eu d'autre choix que d'accepter. Et pendant quelques années, on est devenus les inséparables... Parce que je n'hésitais pas à me jeter dans ses bras à la moindre occasion, à lui tourner autour à peu près tout le temps... Lui est toujours resté aussi droit et digne que tout le monde le connaissait. Même quand il se raidissait à mon contact, ce qui, je dois bien l'avouer, me décevait à chaque fois. Je crois que j'aurais voulu qu'il me voie autrement, tout en sachant pertinemment que ça n'arriverait jamais. On a fini notre scolarité de cette manière, sur des faux-semblants est des mensonges. Je ne crois pas qu'il ait jamais su exactement ce que j'étais, quand bien même sa passion allait aux créatures magiques.
 
Il n’était pas vraiment du genre démonstratif, c’était ce qu’on disait, et ça faisait souvent sourire de me voir… lui sauter dessus. Parce que moi en revanche, je n’hésitais pas une seconde à lui sauter au cou, et à m’accrocher à lui, laissant comprendre à travers mon regard qu’il n’avait pas vraiment intérêt à me repousser. A vrai dire, j’en profitais honteusement, parce que je savais pertinemment que c’était là les seuls contacts que j’aurais jamais avec lui. Je crois bien que quelque part, j’aurais aimé qu’il voie plus loin que les apparences, qu’il comprenne que si je faisais ça, c’était surtout parce que je n’avais pas vraiment de meilleure solution en tête pour le garder près de moi. C’était sans doute assez… puéril, comme façon de faire, mais à l’époque, les relations humaines m’étaient encore plus inconnues que maintenant, et je ne voyais que la triste évidence : personne ne pouvait réellement me faire confiance. Invariablement, les gens se méfiaient, et restaient distants. La faute à ma nature de Louve. Et même les autres Loups, au final, me laissaient de côté : je ne faisais partie d'aucune meute, puisque mon père avait choisi une moldue. On souriait de loin à mes extravagances et on se méfiait de mes rancunes. C’était à peu près tout ce qui composait mes liens avec les autres. Et lui faisait avec, parce qu’il n’avait pas le choix, s’il voulait garder son secret bien gardé.
 
Le pire dans l’histoire, c’est que je ne suis pas certaine que j’aurais vendu la mèche, quand bien même il m’aurait repoussée. Ce qu’il n’a pas fait, même quand je lui ai volé un baiser sur le quai de la gare, à la fin de notre dernière année. Je crois que c’était uniquement dû à la surprise, il n’a pas su comment réagir, et à vrai dire, je ne suis pas restée pour en savoir plus. Au fond, je crois que j’avais peur de ce qu’il allait en dire, alors je suis partie. J’ai fui. Paradoxalement, c’était le premier baiser que j’ai donné sincèrement, le seul qui ait fait battre ainsi mon cœur de glace – ou tout au moins était-ce ce qu’on en disait. Je n’ai jamais oublié Dreogan, et je crois que je ne l’oublierai jamais, parce que même si je l’ai littéralement fait chanter en découvrant le secret qu'il dissimulait aux yeux de tous, j’aimais sa compagnie… Je l’aimais tout court, en fait, même s’il m’a fallu bien trop de temps pour le comprendre, et même si je ne le lui ai jamais avoué.
 
Et je n’en aurai plus jamais l’occasion.
 
On a suivi chacun notre route, lui est parti étudier des créatures magiques plus dangereuses les unes que les autres sans savoir je crois que j’en faisais partie, et moi j’ai pris le parti de voyager un peu partout à travers le monde magique, d’enchaîner les stages pour parfaire mes connaissances dans les domaines que j’affectionnais réellement. L’herboristerie, les potions, l’étude des fluides. C’était assez étrange, d’ailleurs, mais il était un fait que même si j’avais failli périr dans le Loch Coirib petite, j’avais gardé un lien très fort avec cet élément, que je manipulais, clairement, plus facilement qu’aucun autre, quelle que soit la baguette dont j’usais. Et à vrai dire, la troisième, renfermant un nerf de cœur de loup noir des forêts d'Amérique du Nord, affectionnait particulièrement les sorts que je pouvais lancer et qui y étaient liés. Je ne jurais que par moi-même, n’attendait rien de personne, et pour cause : personne n’agit par pure bonté, j’en étais persuadée. A l’exception de mon frère et de mon père, je savais que je ne pouvais compter sur personne. Ce qui ne m’empêchait pas de me sentir seule, souvent, quand bien même je continuais à flirter à droite à gauche.
 
Et ça n’a été que pire ce jour-là. Je n’ai aucun talent pour la divination, c’est un fait avéré, et ma prof à l’époque de Poudlard n’a eu de cesse de le répéter, à raison. Pourtant ce jour-là, j’ai tout de suite su que quelque chose n’allait pas. Que quelque chose de grave était arrivé. J’étais sur une île nordique, partie en quête de découvertes sur les propriétés de certains champignons résistants particulièrement aux froids glaciaux des pôles. J’y préparai une nouvelle potion, ou tout au moins je tentais de le faire, de créer mon propre philtre de soin… mais ce jour-là, rien n’y faisait, je n’étais pas capable de me concentrer, et cette sensation terrible et menaçante ne me quittait pas. Alors j’ai contacté mon père, pour me rassurer, être sûre qu’il allait bien, tout comme Kenan, mon aîné. Alors pourquoi ? Pourquoi ce si mauvais pressentiment ?
 
« Je crois que tu devrais revenir ici, Petite Kath... »
 
Ca ne m’a pas rassurée, évidemment, et j’ai tout laissé en plan – ou presque, je ne pouvais me résoudre à abandonner ni les balais, ni les plantes que je chérissais particulièrement – dans le grand nord pour rentrer en Irlande en transplanant, au mépris du risque de désartibulation que mon état émotionnel pouvait induire… Je suis rentrée chez moi pour y découvrir les gros titres des journaux auxquels je m’étais abonnée et que mon père recevait pour moi, ceux-là qui traitaient particulièrement des développements et recherches dans le domaine des créatures magiques. Un brillant zoologue magique s’était brûlé les ailes à toujours chercher à dépasser ses propres exploits. Il avait voulu dompter une chimère particulièrement caractérielle et avait fait les frais de son arrogance. Je savais qu’il s’agissait de lui avant même que son nom ne soit cité dans l’article. Et je suis purement et simplement devenue incontrôlable ce jour-là. Il faut dire que la Pleine Lune approchait, également, jouant sur mes émotions, malgré les potions que je m’administrais chaque mois. Je crois que j’ai rarement été aussi violente et destructrice. Ma chambre s’est trouvée dévastée, ma baguette n’y a pas résisté. Seuls mes possessions les plus précieuses, restées dans la remise à mon arrivée, ont survécu à la rage désespérée qui m’avait enveloppée, et j’ai disparu quelques jours, terrée dans les bois avoisinants, désireuse de ne voir personne, pas même mon propre père sous forme Lupine lorsque la Lune a été parfaitement ronde. Plusieurs jours où je sais qu’ils se sont faits un sang d’encre, mon frère et lui. Plusieurs jours où j’étais cependant bien incapable de comprendre leur propre peine et leurs inquiétudes.
 
J’ai fini par rentrer, cependant. Par retrouver le foyer que j’avais délaissé pendant plusieurs années, le frère et le père qui n’avaient eu de nouvelles que par lettres pendant trop longtemps. J’ai inauguré ma quatrième baguette en réparant les dégâts que j’avais commis auparavant, une baguette que j’ai tout de suite adoptée, et adorée. Et pourtant, je m'en sers peu. En fait, je crois que j'ai toujours considéré qu'elle était trop précieuse pour servir à des tâches disons ingrates. Ce jour-là, je n’ai guère eu le choix, les dommages que j’avais causés étaient bien trop importants pour que je les répare d’une autre façon, mais la plupart du temps, elle a beau être toujours près de moi, son léger parfum de cannelle aisément discernable pour mes sens de Louve, elle sert peu. Un fait qui me vaut quelques railleries de la part d’une certaine personne, depuis.
 
J’ai tenté de tourner la page, sans pour autant réellement oublier le seul homme que j’aie jamais réellement aimé, me jetant plus particulièrement dans un travail acharné pour entrer au département des Mystères. Je n’étais pas faite pour les relations humaines, c’était un fait, autant que ma vie serve à autre chose, et la Vieille Magie, celle qui, peut-être, était à l’origine de ma propre existence, avait toujours eu quelque chose de fascinant à mes yeux. Il y avait bien des façons de tenter d’en percer les secrets, et j’avais mis en avant mon talent pour les potions, quand bien même ce n’était peut-être pas tout à fait le domaine le plus recherché du département, taisant tout d’abord ma nature, même si tout le monde autour de moi n’a pas été dupe indéfiniment. J’ai continué mes recherches finalement, au service du Ministère… Jusqu’à ce qu’il change.
 
Je crois que j’ai senti le vent tourner autant que les quelques collègues qui avaient pu éprouver un minimum de sympathie pour moi. J’ai su avant sa promulgation officielle qu’un décret allait passer. Grâce à un jeune homme brillant qui avait pour plus grand défaut de fourrer son nez partout, bien qu'il fût réellement adorable à côté de ça. Curieusement, il ne s'est jamais rien passé entre nous, bien qu'il n'eût rien de repoussant non plus. C'est simplement une des rares personnes que j'estime réellement, et que je place, presque, sur un pied d'égalité. Chose rare. Mais il faut dire que je ne serai peut-être plus en liberté sans lui.
 
« J'ai trouvé le dossier que tu voulais, Kath... »
 
J'ai arqué un sourcil quand mon collègue est entré, un dossier effectivement en main, mais je n'avais jamais demandé.
 
« Merci. Entre, je t'en prie... »
 
Il y a peu de collègues auxquels je faisais réellement confiance, et même pour les rares exceptions avec lesquelles j'étais plus encline à me sociabiliser, celle-ci restait relative. Mais il en faisait partie, et j'entendais un peu trop les battements de son cœur pour ignorer l'état de stress dans lequel il était. Il a fermé la porte derrière lui, s'est approché de mon bureau et m'a soufflé l'information qui ne filtrait pas encore, mais qui allait changer ma vie.
 
« Ils vont ficher les lycans, Kath. C'est pas encore officiel, mais Ombrage a préparé son décret, c'est plus qu'une question d'heures avant qu'il soit promulgué. Les ficher, les parquer, je sais pas trop bien les détails, mais...
- Isoler les erreurs de la nature, hein ?... »
 
Il a grimacé. Il savait ce que j'étais, comme d'autres au sein du Ministère, mais c'était un des rares à ne pas avoir eu de comportement différent pour cette seule raison.
 
« Barre-toi tant que tu le peux encore. Je veux pas te donner d'ordre ou quoi mais... Un conseil, prends pas tes affaires, fais comme si tu descendais à un autre service ou je sais pas. Plus tard, ils comprendront que tu t'es fait la malle, plus ils auront de difficultés à te pister.
- Attire pas l'attention sur toi non plus. Ils pourraient te questionner. »
 
Il a hoché la tête, s'est dirigé vers la porte et l'a ouverte.
 
« Glenn... Merci. »
 
D'une main, j'ai soulevé le dossier, comme si c'était de ça qu'il s'agissait, mais l'un comme l'autre, on savait qu'il n'en était rien. Et je ne l'ai plus revu après ce jour-là. Parce que j'ai suivi ce plan. Il en valait bien un autre, au final. J'ai consulté ce dossier fictif un moment, et puis je me suis levée, en laissant ma cape aux poches magiquement agrandies en plan. J'ai perdu un gallion dans l'histoire, je crois, mais c'est un moindre mal. Le dossier dans les mains, ma baguette dans une poche de ma robe de sorcier, prête à l'emploi, je suis descendue, esquissant des sourires ordinaires aux gens que je croisais. Et je suis partie. Tant que je le pouvais encore. J'ai prévenu mon père, par hibou – je vous laisse imaginer le calvaire pour le lui envoyer – et on s'est retrouvés près du Loch Coirib, avec Kenan pour que je récupère quelques affaires – ma collection de balais et mes plantes les plus précieuses, notamment – avant de se dire adieu, tous les trois. Eux non plus, je ne les ai pas revus, mais ça vaut sans doute mieux pour nous tous. Je crois que je ne supporterai pas qu'on s'en prenne à mon frère à cause de ce que nous sommes, mon père et moi. Je crois que c'est une des rares choses qui pourraient me faire sortir de cette sacro-sainte neutralité que je cherche par-dessus tout à garder.
 
Parce que tout ça, à la base, ça ne m'intéressait pas. Les querelles de clocher, ce n'était pas mon truc. Je n'étais ni spécialement pour l'Ordre et la Rébellion, ni spécialement pour les Mangemorts. Disons surtout que... j'avais un peu tendance à être du côté des gagnants, tant qu'on me foutait la paix, que je pouvais continuer mes recherches. Kenan n'était pas du tout d'accord avec moi, pour lui on devait forcément choisir un camp, prendre position, et on évitait le sujet qui fâche, jusque-là, histoire de ne pas purement et simplement s'engueuler pour rien : on savait tous les deux qu'on resterait sur nos positions. Mais quelque part, il avait sans doute raison. J'aurais dû savoir qu'à un moment ou à un autre, ça allait finir par me toucher de façon plus personnelle. On ne peut jamais rester neutre éternellement dans une situation pareille, pourtant... Pourtant c'est bien ce que j'essaie de faire. Même si ça signifie fuir constamment. Même si ça me complique drôlement la tâche les soirs de Pleine Lune. Comment voulez-vous que je réalise une potion correcte si je ne peux pas rester au même endroit plus de quelques jours sous peine qu'on me retrouve ? Force m'est de constater que parfois, je suis contrainte de me diriger vers un professionnel, pour acheter le philtre nécessaire, à défaut d'avoir la possibilité technique de le faire. Et j'essaie toujours d'avoir un stock d'avance, que j'emporte à chacun des mes déménagements...
 
Pourtant, il y a eu un loupé, et non des moindres. Le genre de « détail » qui change irrémédiablement votre vie. J'ai toujours tout fait pour ne pas être le danger qu'on pensait que j'étais. J'ai toujours pris mes potions en temps et en heure, de sorte que personne n'ait à pâtir de mes griffes ou de mes crocs. Mais ce soir-là, j'étais trop nerveuse. La Lune n'était pas la seule fautive, bien que son influence sur mon état à fleur de peau fût indéniable, car c'était aussi l'anniversaire de la mort de Dreogan, et, comme tous les ans, cette période restait particulièrement douloureuse. C'était ma dernière dose de Tue-Loup, et elle m'était indispensable ce soir. Mais maladroite comme je le suis, qui plus est dans un état nerveux terrible, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de briser le flacon par inadvertance. Résultat, la panique a commencé à me gagner. Je ne pouvais évidemment pas me permettre de rester comme ça, alors j'ai transplané jusqu'à l'Allée des Embrumes, avec l'objectif évident d'acheter la dose nécessaire. C'est une chose qui m'a toujours fait une drôle d'impression, ce parallèle qu'on peut faire, au fond, avec un drogué moldu... Et peut-être que mon imagination en ce sens, ce soir-là, a été démesurée. Toujours est-il que je me dirigeais vers la boutique quand j'ai croisé le regard de cet homme, qui n'avait rien à envier aux dealers qu'on dépeint dans les œuvres moldues. Panique, encore, ce soir-là, la moindre de mes sensations prenait des proportions aberrantes, et je n'arrivais clairement plus à reprendre mon calme, ni à réfléchir de façon posée. J'ai passé mon chemin, comme si c'était exactement mon but d'origine, alors qu'il n'en était rien. Je n'aurais pas dû. J'ai senti la transformation s'amorcer, avant que j'aie pu avaler cette si précieuse potion, et je n'ai rien pu faire pour l'empêcher, si ce n'est la retarder de quelques instants, le temps de m'éloigner un peu. Vaine tentative pour m'isoler, j'étais encore trop près de zones civilisées quand j'ai perdu tout contact avec mon moi humain. La Louve a pris le dessus, et n'en a fait qu'à sa tête pour la seule et unique fois de ma vie depuis que les métamorphoses avaient commencé.
 
Quand j'ai repris conscience au petit matin, je ne gardais pas le moindre souvenir de ce qu'il s'était passé dans la nuit, mais je n'ai pas pu ignorer le triste spectacle qui s'offrait à moi. Il y avait cet homme, à terre, devant moi, le visage ensanglanté, lacéré. Par mes griffes et non mes crocs, fort heureusement. Louve avait-elle eu une part de lucidité en refusant de transmettre à quelqu'un ma malédiction ? Je n'en sais rien, et n'en saurais sans le moindre doute jamais rien. Tout ce que je sais, c'est que je ne pouvais simplement pas le laisser ainsi, même si la panique que j'avais déjà ressentie la veille au soir rappliquait, de façon plus importante encore. Il fallait que je le sauve, d'une manière ou d'une autre, mais en étais-je seulement capable ? En théorie, oui. En pratique...
 
J'ai réussi à transplaner avec lui, avec toute la difficulté du monde pour déplacer son corps inerte beaucoup plus imposant que le mien. J'ai toujours été de toute petite stature – beau contraste avec ma forme de Louve imposante, quoi que plus fine que celle de nombre de mes congénères sans doute – et depuis l'adolescence, je n'ai guère changé de silhouette. Toute menue, ma force physique n'était due qu'à la Louve, clairement, et sans elle, je n'aurais jamais pu le ramener. Elle m'aidait un peu à réparer les dégâts qu'elle avait commis... Maigre consolation, dont je devais pourtant me contenter. Les potions et onguents étaient censés être ma spécialité, mais mon état psychologique faisait ressortir avec tellement de force ma maladresse naturelle que je n'arrivais à rien faire de correct, ou presque. Certes, j'ai pu stopper l'hémorragie, résorber les plaies dans une certaine mesure et ses jours n'ont pas été comptés. Mais j'ai été tout bonnement incapable de faire disparaître complètement les marques sur son visage, qu'il arbore encore aujourd'hui par ma faute. Quand il a repris conscience, je m'évertuais encore à tenter de les atténuer.
 
« Arrête... Tu vas finir par faire plus de dégâts qu'autre chose.
- C'est de ma faute, je peux pas te laisser comme ça... »
 
Ca n'est pas dans mes habitudes que de tutoyer ainsi d'emblée un inconnu, et pourtant, avec Octave, ça s'est fait naturellement. Son ton avait été ferme, mais je refusais de l'écouter. Il s'était redressé sur mon lit où j'avais finalement réussi à l'étendre – comme j'ai pu... – et m'a pris les mains quand je me suis approchée de lui.
 
« Arrête. »
 
Nos regards sont restés plongés l'un dans l'autre quelques instants avant que je ne finisse par capituler. J'ai lâché un soupir, lasse et particulièrement déçue de mon incapacité à réparer parfaitement les dommages que j'avais engendrés. L'échec m'a toujours particulièrement rebuté, et celui-là n'était pas anodin, bien loin de là.
 
« Tu m'as sauvé, c'est l'essentiel.
- Tu n'aurais pas eu à être sauvé, si je n'avais pas croisé ta route à ce moment-là... »
 
Il n'a rien ajouté, mais je crois que son regard en disait beaucoup trop pour que je ne puisse me permettre de continuer à protester. A vrai dire, on aurait pu continuer des heures un dialogue de sourd sur ce sujet, parce que quoi qu'il dise, je ne me suis jamais pardonnée ni de l'avoir blessé, ni mon échec à réparer ça. Mais ça n'aurait mené à rien, tout comme avec mon frère, on serait resté chacun sur nos positions. Et je devais bien admettre qu'il avait raison : à tout essayer, et dans l'état de nerfs dans lequel j'étais, j'allais finir par lui faire à nouveau du mal, sans le vouloir.
 
Je crois que je lui a présenté des excuses un million de fois, en précisant à chaque fois que je ne suis jamais hors de contrôle d'ordinaire, tout au long des quelques jours qui ont suivi et pendant lesquels on a appris à faire connaissance. Depuis que j'avais pris la fuite, je me présentais sous le nom de Margery, mon deuxième prénom. Maigre façon de brouiller les pistes. Mais presque dès le départ, il a décidé de me surnommer Red, ce qui m'a prise au dépourvu : personne d'autre que mon père ne m'a jamais donné de surnom, « Petite Kath » était le seul diminutif que j'aie jamais obtenu, et cet homme, cet inconnu que j'avais blessé, que j'aurais pu tuer, non seulement ne se méfiait pas de ma nature, mais en plus se permettait ce type de marque d'affection ? Pourquoi ? Je ne comprenais pas ce qui nous liait si aisément, alors même que nous étions pourtant de parfaits inconnus. Et ça me fascinait tout autant que ça me terrorisait. Je ne voulais plus d'attaches, je ne voulais plus souffrir de perdre encore quelqu'un. M'éloigner de ma famille avait déjà été bien suffisamment douloureux, après Dreogan, je n'avais pas besoin de ça en plus. Et pourtant...
 
Pourtant ça fait à présent un an. Je continue de déménager chaque fois au bout de quelques jours, une semaine au grand maximum quand je n'ai pas d'autre choix, et je le tiens au courant de mes déplacements, parfois. Bon, disons plutôt souvent. Très souvent. A vrai dire, je suis toujours étonnée de pouvoir lui parler presque naturellement. Trop naturellement. Il sait beaucoup de choses sur moi, beaucoup trop de choses. Notamment les circonstances dans lesquelles j'ai dû prendre des vies, pour survivre, par exemple, pour rester libre. A chaque fois, j'ai peur de passer pour un horrible monstre, mais jamais il n'a émis de tel jugement, et c'est sans doute ce qui fait que j'ai continué à me confier à lui. J'ai beau ne pas savoir les noms des quatre personnes à mes trousses à qui j'ai lancé des sorts fatals, je revois constamment leurs visages. Des cauchemars, j'en fais tout le temps ou presque. Quand ce n'est pas une représentation pure de mon épouvantard, ce sont ces visages, qui reviennent me hanter. Il le sait, il est le seul à qui j'en ai parlé. Il sait même, donc, la forme de mon épouvantard, et là encore, il n'a rien dit. Il aurait pu, je pense que le corbeau évoque davantage les Mangemorts pour tout le monde que ma phobie des volatiles, séquelle de mon enfance. Mais non, il ne s'est pas prononcé. J'avoue que j'ai eu peur, quand j'ai réalisé ce qu'il pourrait en comprendre. Peur de lui avoir trop fait confiance, d'avoir pris un risque trop grand. Et s'il me vendait ? Ca n'est jamais arrivé... Mais j'ignore que c'est peut-être pire encore au fond. J'ai bien compris qu'il y a beaucoup de choses qu'il me cache, beaucoup de choses que j'ignore sur lui, sur sa vie en dehors des moments où nos chemins arrivent à se croiser. Ca me terrifie. Que peut-il y avoir de si horrible qu'il ne m'en parle pas, alors qu'il sait, au final, mes pires méfaits ? C'est d'autant plus troublant que je suis incapable de mettre fin à cette relation. Je sais, pourtant, que la raison me dicterait de ne plus donner signe de vie, de disparaître et surtout de faire en sorte qu'il disparaisse de ma vie. Mais non, je ne peux simplement pas m'y résoudre. Depuis le premier jour, il y a quelque chose de fascinant chez lui, et je crois bien que je n'arriverai jamais à me défaire de cette emprise qu'il a – sciemment ou non – sur moi.


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