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 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]

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MessageSujet: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:24

Elle n’a jamais fait ça.
Elle n’a jamais voulu faire ça.
Elle n’a jamais voulu se retrouver dans cette situation.

Ils ont pris leur temps et toutes les précautions nécessaires pour ne pas « se dire quelques jours après que c’est fini ». Le problème n’est pas là. Justement, il a tenu toutes ses promesses et il est même parvenu à la rendre heureuse. Tout va bien pour le moment. Tout va bien jusqu’à… On ne sait jamais. Mais cette relation est vouée à demeurer courte, il faut croire. Ivana déteste cette excuse en temps normal, mais le problème vient bien d’elle. La peur de sa propre personne, en réalité.
C’est pour son bien à lui : elle doit rester seule, ne pas s’attacher, pour ne blesser personne (en réalité, elle ferait bien de prendre quelques heures pour revoir son psy et cesser d’avoir des pensées aussi pessimistes).
Des angoisses depuis le jour où elle s’est détendue où elle a compris que ça pouvait ne pas être cette petite « amourette » d’adolescent ou quoi que ce soit d’autre de passager.
C’est carrément irrationnel et ça la bouffe de l’intérieur.

La jeune femme lui donne rendez-vous (vous savez ce fameux message « j’ai besoin de te parler ») au Barfly, juste après les cours et son service : terrain neutre, leur Suisse. Du moins, c’est ce dont elle est persuadée puisqu’elle ne sait pas que son colocataire travaille ici.
Aucun speech tout prêt, aucune idée de ce qu’elle va lui dire, ni comment.

Elle entre. Personne encore, enfin pas de Kaspar à l’horizon. La tension monte chez la jeune femme. Ses doigts tremblent, elle a le souffle court et bientôt les yeux remplis de larmes.
Premier soupir. Elle va devoir attendre.
Deuxième soupir. Elle va bien être obligée de commander quelque chose et n’ayant pas la tête à ce qu’on lui rit au nez, elle ne pourra pas prendre d’eau.
Une fois au comptoir, Ivana demandera une bière pour faire comme la plupart des autres clients. Et elle fera une drôle de tête en voyant la quantité que cela représente.

Un timide sourire apparaît sur les lèvres de la rouquine lorsqu’il franchit la porte. Après quoi elle prend une gorgée de bière. Malheureusement ce n’est en aucun cas une potion offrant du courage…
Et quand bien même elle voudrait le prendre dans ses bras et le sentir tout proche une dernière fois, Ivana se fait violence et ne bouge pas d’un centimètre. À contrecœur, elle se contente d’un simple « hey » lorsqu’il la rejoint.

Kaspar ou l’art de cette relation, sa relation, pour les « première fois » à tout.


Dernière édition par Nathanael Keynes le Lun 13 Aoû 2018 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

« Un Caramel Macciato et un cake à la carotte, c'est noté ! »
Je tapotais sur la caisse ma dernière commande de la journée et annonça le prix à la cliente. Elle me tendit sa carte bleue, paya et repartit après avoir confié son prénom pour la commande. Je la remerciais poliment, lui souhaita une bonne soirée et quand elle disparut, j'entrepris de faire un peu de ménage. Il n'y avait plus beaucoup de collègues et le restaurant allait bientôt fermer ses portes pour la journée. Je fis une dernière vérification de caisse pour savoir si tout était correct et quand je la refermai, je me dirigeais vers les vestiaires pour pouvoir me changer.
Ma première action fut celle d'attraper mon téléphone et y lire les messages reçus. Il y en avait deux : un du magasin de jeux vidéos auquel je m'étais fidélisé m'annonçant ses prochaines promotions, et un autre d'Ivana. Ce simple fait eut pour effet de me faire sourire, même si en réalité, cela aurait du m'effrayer. D'ailleurs, quand je lis « Je dois te parler » suivi d'un rendez vous au Barfly, je redressai la tête en fronçant les sourcils. Je n'avais jamais vécu de situations comme ça, puisque je n'avais jamais été en couple avec quiconque d'autre qu'elle. Mais je n'avais pas besoin d'expérience pour comprendre que ça sentait mauvais.
Je ne pensais même pas à la rupture, mais au fait qu'il ait pu se passer quelque chose d'autre. Comme par exemple, m'annoncer qu'elle était enceinte. Lorsque nous avions eu notre premier rapport sexuel ensemble (et notre premier rapport sexuel tout court), nous n'avions pris aucune précaution et pour le coup, je me sentais coupable. Je n'avais pas apporté de protection en venant chez elle ce jour là et dans le feu de l'action, cette aspect de la chose m'avait complètement échappé. Bien entendu, si elle devait vraiment m'annoncer ça, je ne pourrais pas la blâmer et je ne l'empêcherais même pas de l'en débarrasser. J'assumerais sans doute les conséquences de cet acte et ma vie serait un beau bordel. Mais tant pis.
Et puis, il y avait autre chose. Peut être un décès ou peut être qu'il était arrivé quelque chose de grave. Ou peut être allait-elle me plaquer, en fin de compte. C'était même la chose la plus probable, finalement.

Lorsque je quittais le resto, j'entendais encore « A song to say goodbye » s'échapper des enceintes et pour le coup, je me disais que c'était sans doute un signe. Je lui avais répondu que j'arrivais et avait quand même pris mon temps pour aller jusqu'au lieu de travail de mon colloc' et nouvel ami. Je ne savais pas s'il s'y trouvait à cette heure ci, d'ailleurs, mais ce n'était pas ça qui m'importait en ce moment même.
Je pris le bus le plus long pour me conduire jusqu'à destination et marchai lentement, tellement qu'une grand mère me dépassa en pouffant de rire à mon passage. Au final, je parvins à arriver devant le bar, échappai un grand soupir pour me donner du courage et poussai la porte d'entrée. Je ne mis pas longtemps avant que mes grands yeux ne se braque sur la belle rousse qui sirotait déjà une chope de bière.
D'un pas non assuré, je vins la rejoindre et quand je fus assez près, je l'entendis gémir un « Hey » pour me saluer. Et autant dire que cela ne me rassura pas du tout. Je la regardai, partagé entre l'envie de m'asseoir en face d'elle et partir à toutes jambes. Habituellement, j'aurais plongé sur la chaise en commençant à raconter ma journée, mais là, je n'étais pas d'humeur.
- Hey... fis-je écho en gloussant.
Un serveur qui n'était pas Nate se posta devant notre table.
« Eum... je vais prendre une bière... non... quelque chose de fort. Hum... un Whisky, pour commencer. »
Quand il partit, je tentai tant bien que mal de regarder Ivana en me frottant l'arrière de la tête. Si ça se trouvait, je me faisais du soucis pour rien, mais je n'en étais pas convaincu. Je pris une grande inspiration, puis :
« Alors.. de quoi voulais tu me parler ? »
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

C’est vrai, elle pourrait être présente pour lui annoncer une grossesse impromptue. Leur inconscience de l’autre soir ne lui a même pas effleuré l’esprit sur le coup. Même si dans le fond il s’agit d’une « bonne » nouvelle ce n’est pas le moment : instabilité émotionnelle, manque de confiance, manque d’argent, quelques semaines ensembles… Aucun rapport avec le fait de prendre leur temps.

« Alors.. de quoi voulais tu me parler ? »

Cœur serré, idées confuses dans sa tête, presque fébrile, lèvres entr’ouvertes. La jeune femme cherche toujours ses mots.
C’est tellement plus compliqué comme exercice en fait. Plus compliqué que dans les films, séries, livres. En tout cas, Ivana est toute aussi torturée que ces personnages de fiction.
Son regard se perd dans sa bière. Une gorgée suivie d’une grimace. « J’en suis pas capable. » Soupir. Elle reprend son souffle. « Je suis pas capable ou prête pour avoir quelqu’un dans ma vie, de me mettre à nu certains secrets, de te blesser de quelque façon que ce soit, de te décevoir aussi, d’être instable. » Et elle débite tout ça à une vitesse…
C’est sorti tout seul.
C’est la vérité même si finalement elle risque de le blesser et de le décevoir aujourd’hui.
C’est incohérent aussi. Après tout, elle doit faire comprendre à Kaspar qu’elle est un potentiel danger sans pour autant lui avouer la véritable raison. Peu de personnes (peut-être bien trois en réalité) sont au courant à ce jour et c’est pas simple à avouer. Pourquoi il n’existe pas également un bouquin pour les aveux qui peuvent déranger ou surprendre ?
Tout aurait été tellement plus simple s’ils s’étaient retrouvés deux ans ou dix huit mois plus tôt. Mais non, les choses ne sont jamais simples. Jamais. Il faut croire que c’est juste trop demandé.

La jeune femme préfère qu’ils se quittent en sachant que Kaspar la déteste, plutôt qu’il se rende compte de ce qu’elle a et qu’il se retrouve face à elle en pleine manie ou dépression. Bien qu’elle soit on ne peut plus vigilante sur le sujet de son traitement, elle préfère ne pas prendre de risques. Un oublie. Un besoin de réajustement. Qui sait. Son manque de confiance en elle aura eu finalement raison de son couple.

C’est les larmes aux yeux qu’Ivana s’apprête à dire au revoir à son happily ever after qui venait de lui tomber dessus. « Autant qu’on en reste là avant… que tu vois certaines choses, qu’on s’attache trop (enfin, elle est déjà sacrément attachée à lui), ce genre de choses. » Elle retient un sanglot. « C’est compliqué. » Il lui faut un moment pour être de nouveau capable de fixer Kaspar dans les yeux.

Le cœur encore plus serré.
Les idées encore plus confuses.
Son corps encore plus fébrile.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

Mes jambes avaient un peu flanché quand je m'étais approché d'elle. D'une quelconque manière, ce qu'elle allait m'annoncer n'allait pas me plaire, j'en étais à quatre-vingt dix-huit pourcent certain et je ne cacherais pas mon étonnement si ça n'était pas le cas. Son expression quand elle me vit arriver ne me rassura d'ailleurs pas. Elle semblait être aussi tendue et nerveuse que je l'étais et à moins d'être très bonne actrice, Ivana n'était pas là pour m'annoncer quelque chose de joyeux.
J'avais commandé quelque chose de fort à mon arrivée, parce que dans les cas où ce serait une bonne nouvelle, ça n'était pas perdu, et comme j'étais persuadé que ça ne l'était pas, je comptais sur l'alcool pour m'aider à m'encourager. Je ne comptais pas boire jusqu'à être ivre mort, juste pour me donner un peu de courage, pour ne pas sombrer.

Finalement, je lui demandais enfin la question fatale. Il fallait bien que cela sorte à un moment donné et autant le faire le plus vite possible. Je vis son regard se baisser sur sa bière, elle prit une gorgée puis une inspiration pour finalement dire : « J’en suis pas capable. »
Je haussai les sourcils, bien conscient que ça n'était pas clair et qu'elle allait développer un peu plus.
« Je suis pas capable ou prête pour avoir quelqu’un dans ma vie, de me mettre à nu certains secrets, de te blesser de quelque façon que ce soit, de te décevoir aussi, d’être instable. »
Et voilà, c'était sorti. Mon cœur s'était mis à battre à toute vitesse et je ne trouvais même pas quelque chose à dire. Mon cerveau s'était mis en mode zapping, changeant de chaines toutes les trois secondes afin de trouver quelque chose de cohérent en lui même.
La première question que je me posais fut : "où ais-je gaffé?" mais j'étais incapable de l'exprimer. Je ne saurais même pas dire à quoi ressemblait ma tête à cet instant tellement j'étais embrouillé. Mes lèvres bougeaient doucement, mais aucun son ne sorti de ma gorge. Et le serveur arriva pour me déposer ma commande, son mon aspect figé.

Mais ce ne fut pas le plus dur. Non, qu'elle me quitte, c'était un chose. Cela me brisait forcément le cœur, mais c'était pas ça le pire. Non, le pire, ce fut quand je vis des larmes couler des joues d'Ivana. Ca, c'était quelque chose qui me brisa complètement. Je n'aurais pas cru qu'elle se mettrait à pleurer et la voir dans cet état m'était insupportable. Je repensais à ses rires et ses sourires ces derniers jours, depuis que nous nous étions retrouvés. Ils avaient eu l'effet d'un coup de soleil. Vous savez, ce passage ensoleillé parmi les nuages gris qui tout à coup remontait le moral. La voir heureuse m'avait donné donné un but et quelque part au fond de moi, je m'étais promis que je ne la rendrais pas triste. Mais là, j'avais complètement foiré ma mission.
« Autant qu’on en reste là avant… que tu vois certaines choses, qu’on s’attache trop, ce genre de choses. »
Je tendis les bras vers elle, la bouche ouverte, cherchant quelque chose à dire. J'étais tellement terrassé de la voir dans cet état que je ne savais vraiment pas quoi dire. En fait, je ne savais pas ce qu'il se passait. Pourquoi tout à coup ça avait tourné au vinaigre. Ce qui l'avait fait changé d'avis quoi.
« C’est compliqué. »
- Mais je... qu'est ce qui est compliqué? finis-je enfin par demander d'une voix telle qu'on aurait dit que j'avais attrapé la grippe.
"Pourquoi tu pleures?" avais-je aussitôt ajouté, me disant que dans l'histoire, c'était à moi de pleurer. C'était moi qui me faisait plaquer, et ça ne devrait pas la rendre malheureuse. Alors, pourquoi?
"Qu'est ce qui se passe?"

Forcément, moi, j'étais complètement à l'ouest. Je ne comprenais rien à ma vie et c'était complètement flou pour moi. Ce matin je m'étais levé avec la même bonne mine que d'habitude et le soir même, je recevais de plein fouet une baffe mentale que je n'avais pas vu venir. Autant dire que ça fait très mal.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

Ivana garde ses distances.
Pour ne pas céder à cette petite faiblesse qui demeure au fond d’elle.
Pour ne pas s’arrêter, s’excuser et lui demander d’oublier le début de cette conversation.
Pour ne pas plaider un moment de folie.

« Mais je… qu’est-ce qui est compliqué ? »

C’est déjà compliqué dans sa tête et Kaspar n’arrange pas les choses.
Tout est compliqué à la base.
Alors pourquoi… pourquoi s’entête-t-il avec des questions ?
Chaque seconde supplémentaire dans ce bar lui font regretter davantage cette décision de le quitter ou plus simplement de lui en parler en tête à tête.
Chaque seconde supplémentaire à ses côtés lui font comprendre à quel point elle le blesse, à quel point il est prêt à être « impliqué et consciencieux » dans cette relation, à quel point il a besoin de stabilité, à quel point il est inoffensif, à quel point elle se pourrit la vie toute seule.

« Pourquoi tu pleures ? » La jeune femme a beau essuyer ses larmes du revers de la main toutes les cinq secondes, elle n’est pas capable de s’arrêter ou de se calmer, déjà qu’elle fait tout son possible pour ne pas reprendre de plus belle. « Qu’est-ce qui se passe ? » Elle lui fait ce signe de négation de la tête : non, elle ne peut définitivement rien lui dire et il ne peut pas insister.

« Je peux pas te le dire. Fais moi confiance, déteste moi s’il le faut, mais je te jure que c’est pour ton bien. D’accord ? Je peux pas t’en dire plus. » Ivana lui effleure les mains avant de se reprendre, tiraillée entre l’envie constante de rebrousser chemin ou remonter le temps, et de s’en aller. Elle ne supporterait pas de nouvelles questions à éluder et ne tient pas à lui mentir.

Décision prise.
La rouquine boit une dernière gorgée, dépose quelques billets sur le comptoir – peut-être de quoi payer leurs consommations à tous les deux – et se lève. « Je te ment pas, autant te l’avouer je te cache juste quelque chose que t’as pas à supporter. Je voulais pas en arriver là. »

Au final, il peut y avoir plusieurs options s’il apprend la vérité.
Et elle ne veut pas que Kaspar ait peur d’elle.
Et elle ne veut pas que Kaspar la prenne pour une folle.
Et elle ne veut pas que Kaspar ait pitié d’elle, non plus.

Dorénavant derrière lui, la jeune femme pose son front contre son dos. « Donne moi juste deux secondes. » Les dernières secondes pour se préparer mentalement, avoir la force nécessaire de partir. « Tu trouveras quelqu’un de bien, pas une folle. » Rire ironique.
Ivana est pleine de contradictions (et encore la liste est longue) en ce qui la concerne.
Ivana ferme les yeux, reprend son souffle s’apprêtant à tourner les talons.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

"C'est compliqué". Il fallait savoir que dans mon vocabulaire, le mot "compliqué" n'en faisait pas parti. Pour moi, rien n'était compliqué. Enfin si, jouer au rugby, c'était compliqué quand on était fin comme moi parmi des colosses comme le reste de l'équipe. Mon corps tout entier se souvenait encore de leur poids se déferlant sur lui et qui m'avait offert un allé direct à l’hôpital. Partir aux USA sans avoir le moindre sous, ça pouvait aussi être un peu difficile.
Mais en dehors de situations quasi-impossible sans avoir recours à de la magie - qui n'existait malheureusement pas - rien n'était compliqué. Tout pouvait s'arranger selon moi et je ne comprenais même pas l'usage de ce mot. Qui avait inventé la complication? Pourquoi devait-on faire compliqué quand on pouvait faire simple?

Ah si. Comprendre les filles, c'était compliqué. Ivana n'échappait pas à la règle, malheureusement. Alors que tout se passait bien entre nous, voilà que tout se mettait à s'envoler. Le sol, auparavant si dur et ferme, devenait à présent mou et flasque, et j'avais l'impression d'être en déséquilibre sur de la gadoue. Voir Ivana dans un tel état me détruisait le cœur, comme si quelqu'un s'amusait à y enfoncer petit à petit des aiguilles à l'intérieur. J'avais réellement cette sensation.
Alors que je lui demandais ce qu'il se passait, pour comprendre un minimum cette décision si radicale, je la vis bouger la tête en signe de négation.

« Je peux pas te le dire. Fais moi confiance, déteste moi s’il le faut, mais je te jure que c’est pour ton bien. D’accord ? Je peux pas t’en dire plus. »
J'ouvris de grands yeux, surpris.
"Mon bien? Mais.. mais.. pourquoi est ce que je te détesterais?"

C'était une question qui avait de l'importance pour moi. Ou plutôt, parce que je comprenais pas.
En toute honnêteté, j'étais amoureux d'elle, vraiment. Pas de la manière d'un type qui soufflait des mots doux pour acheter l'amour de sa partenaire, non. Je l'aimais, réellement, de manière véritable. J'étais prêt à tout pour elle, à faire des choses que je me serais pas capable de faire. Je ne pouvais pas la détester pour avoir choisi de me quitter. Ç’aurait signifié que je ne l'aurais pas aimé. Mais ça n'était pas le cas. Et même si je ne lui avais pas encore dit que je l'aimais, mes sentiments à son égard étaient bien présents.

De toute évidence, j'aurais beau insister, je voyais bien là qu'Ivana n'allait pas me dire la raison de sa décision. Et même si elle rejetait la faute sur elle même, je ne pouvais pas m'empêcher de me demander où j'avais gaffé. Ce que j'avais fait de mal pour que je la perde aussi rapidement. Peut être ne m'étais-je pas montré aussi impliqué, peut être que ça n'était pas satisfaisant. Mais je partais dans l'idée que j'avais échoué, une fois de plus. Et l'idée de la perdre m'était de moins en moins supportable.

Je redressai la tête lorsqu'elle se leva. Elle allait partir. Je n'avais pas envie de la voir s'en aller. Mais que pouvais-je faire? J'étais complètement désarmé. Je ne m'étais pas préparé à un coup pareil et la surprise m'avait abattu.
« Je te ment pas, autant te l’avouer je te cache juste quelque chose que t’as pas à supporter. Je voulais pas en arriver là. »
Mes yeux se dirigèrent lentement vers le bas et je n'osais plus rien dire. En réalité, c'était ma façon de pleurer, je n'avais juste pas de larmes ni de sanglots.
« Donne moi juste deux secondes. »
Un, deux.
« Tu trouveras quelqu’un de bien, pas une folle. »
Ce fut à mon tour de hocher la tête en signe de négation. J'étais complètement confus et je venais soudainement de perdre toute confiance en moi. Mon verre était encore plein, je n'y avais pas touché.
- Tu n'es pas folle Ivana. m'entendis-je à peine prononcer.
Mais surtout, je n'allais pas trouver quelqu'un "de bien". Pas d'aussi bien qu'elle. C'était elle, le quelqu'un de bien. Le jour où je m'étais donné à elle, j'avais pris un engagement : c'était elle et personne d'autre. Et ce, même si elle ne voulait plus de moi.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:25

Kaspar est adorable, simple à vivre et en plus il se débrouille plus que bien en cuisine avec trois fois rien (ou tout ce que le réfrigérateur d’une étudiante peut contenir). Alors, il trouvera forcément quelqu’un de bien s’il y met un tant soit peu de volonté.

« Tu n’es pas folle Ivana. »

Elle déglutit. Il n’aide vraiment pas à faire avancer les choses. Pas très étonnant en même temps. La jeune femme ferait probablement de même à sa place.
Son petit « câlin » a duré un peu plus des deux secondes demandées, mais c’est une nécessité. S’imprégner une dernière de son odeur pour le plus longtemps possible.
Elle pourrait aussi lui dire qu’elle l’aime, qu’elle tient à lui, qu’il n’y a personne d’autre dans l’histoire – au cas où cela pourrait le rassurer car il est loin d’avoir fait quelque chose de mal. Mais non. Kaspar ne la laisserait plus partir.
Elle se dit qu’elle n’aurait jamais dû le laisser faire irruption dans sa vie. Trop égoïste sur le coup, elle n’avait pas songé aux conséquences du jour et à la possibilité de s’attacher à lui.

« Ça, tu n’en sais rien si je suis folle ou pas. » Il n’a (encore) rien vu. Point. Fin de la conversation.
La jeune femme finit par se décoller du dos de Kaspar avant que son vêtement devienne officiellement imbibé de ce liquide salé qui coule perle sur ses joues et termine sa course dessus. De la même façon qu’une gamine de cinq ans, elle tente de sécher et de limiter les dégâts au niveau de ses yeux.
Des baisers d’esquimaux, comme la première fois, en guise d’au revoir cette fois.
Ivana attrape son verre. Après tout, il ne semble pas y avoir touché et elle a besoin d’une sacrée dose de courage pour décamper maintenant. Elle le descend cul-sec. Grimace, frissons. En toute honnêteté, ce truc est dégueulasse. Il va certainement plus la rendre malade dans les minutes à venir que lui donner du courage.
Poings serrés, moral au plus bas et tout ce qui s’ensuit, la jeune femme se lance enfin.

À reculons, elle s’apprête à quitter le bar.
À reculons, elle le quitte.
À reculons, elle lui fait enfin face.
À reculons, elle se fait de nouveau violence pour n’articuler aucune dernière tendresse.
Son sourire est faux, du moins forcé.
Ses larmes sont toujours réelles.
« Sois heureux, hein ? » D’accord, elle en demande peut-être un peu trop dans l’immédiat. Ivana baisse alors la tête. Demi tour, elle reprend son chemin en accélérant le pas, prête à courir si besoin histoire qu’il ne cherche pas à la rattraper le temps qu’elle récupère son vélo attaché un peu plus loin. Ainsi, elle reprend sa vie d’avant de loup solitaire. À contrecœur.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:26

Sentir Ivana contre moi faisait battre mon cœur (déjà bien martyrisé) encore plus vite. Tous mes nerfs étaient tendus à son maximum et j'étais incapable de bouger. J'étais en train de la perdre et cela me faisait mourir à petit feu. Elle était si déterminée qu'elle ne me laissait aucun choix. Quoique je fasse, quoique je dise, sa décision était prise. J'avais perdu. Je ne savais même pas ce que je faisais là. J'espérai que tout ceci n'était qu'un cauchemar, que j'allais me réveiller en sueur et que je lui enverrais un message pour le lui raconter. Malheureusement, c'était la réalité. Et cela me fit le même effet que lorsque Grand Mère m'avait quitté.

« Ça, tu n’en sais rien si je suis folle ou pas. »
- Je le sais.

J'aurais pu faire mon malin en sortant la même chose que j'avais dite à Georgina lorsqu'elle m'avait dit qu'elle était folle. Mais quelque chose me disait que ce n'était pas le moment de faire de la plaisanterie. Que là, c'était sérieux et que j'étais en train de passer un mauvais cap.
Ivana apparut devant moi. J'aurais préféré qu'elle ne le fasse pas. J'aurais préféré qu'elle ne me donne pas ce baiser d'esquimau que je lui avais donné lorsque nous nous étions remis ensemble. Mes yeux vides la regardèrent prendre mon verre et engloutir le liquide qui s'y trouvait à l'intérieur d'un seul coup. Elle m'avait pris ma dernière compagnie. J'étais désormais seul, tout seul.

Memory, all alone in the moonlight
I can dream of the old days
Life was beautiful then
I remember the time I knew what happiness was
Let the memory live again...

Et puis elle partit. Son départ sembla durer une éternité. Je sentis sa présence s'éloigner de plus en plus, s'approcher de la sortie et m'abattre une dernière fois par un :

« Sois heureux, hein ? »

Et puis elle disparut.
Et je restais seul, face à un verre vide. Je sentis passer des gens, mais c'était comme s'ils n'existaient pas. Je m'étais rassis, en faisant tomber tout le poids de mon corps sur ma chaise, à fixer le verre vide en me demandant quelle était la réelle signification de la vie. Ce verre ressemblait exactement à l'état de mon niveau sentimental. Vide. Le néant complet.

"Sois heureux, hein?"
Et comment le pourrais-je?
Quand la chose la plus précieuse que j'avais venait de s'en aller.

"Un autre Whisky s'il vous plait." prononça ma voix d'outre tombe au serveur qui passa par là.

Peut être m'avait-il répondu, je n'en savais rien. J'avais toujours les yeux fixés sur le même objet. Et quand le garçon entreprit de le retirer, je l'en empêchais en lui faisant comprendre qu'il ne valait mieux pas négocier et que je voulais qu'il reste là, ici. C'était la dernière chose qu'avait touchée la rousse avant de partir. Le voir partir ce serait comme la laisser réellement partir. Je n'en étais pas encore prêt.

Touch me!
It's so easy to leave me
All alone with the memory
Of my days in the sun...
If you touch me, you'll understand what happiness is
Look, a new day has begun...
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:26


« Un autre Whisky s'il vous plait. »

Je crois pas que j'aurais imaginé entendre mon tout récent coloc' dire ça, comme ça, avec cet air et cette voix-là ce soir. Je crois que je m'attendais de toute façon pas vraiment à la scène qui venait de se dérouler. C'était pas mes histoires, et j'ai pas épié leur conversation parce que toute fouine puis-je être, il avait le droit à un minimum d'intimité, là, au moins, mais... Difficile de pas voir les larmes de la rousse, difficile de pas la voir partir, et encore plus de faire abstraction de son mal-être à lui.

Un whisky, donc. Et quand mon collègue s'est approché de la partie du zinc où il se trouve, je l'ai arrêté, pour y aller à sa place. On a un peu interverti les 'zones' de travail, pour la peine, mais je peux clairement pas le laisser comme ça. Encore moins quand, lorsque je pose la main sur le verre vide - et pas vidé par lui d'ailleurs, au passage - il le retient comme si c'était la chose la plus précieuse au monde.

« Je veux bien te le re-remplir, mais va falloir m'y laisser un minimum accès pour ça, tu sais... promis t'en seras séparé que quelques secondes. »

Je voudrais bien avoir l'air de faire de l'humour, mais d'une je pense que ça marcherait pas du tout, là, et de toute façon, à vrai dire, j'en ai pas trop le courage non plus. Je sais rien de son histoire, mais ce que je sais, ce que je vois, c'est que la fille qu'il aime vient de le laisser tomber, qu'il n'a donc plus vraiment de place dans sa vie. Et autant j'ai pas partagé de sentiment avec une certaine personne parce que c'est complètement à sens unique, autant laisser cette personne sortir de sa vie, je visualise à peu près ce que ça fait ressentir. Et à vrai dire, je l'accompagnerais bien sur le whisky, mais bon... Je suis en service, donc je m'abstiens.

« Tu veux... en parler ?... Enfin je veux pas te forcer, hein, juste... je suis là. »

Les phrases toutes cons qu'on ressort à chaque fois dans ce genre de cas de figure, donc. N'empêche que l'idée est là. Je bosse, ouais, mais je suis là quand même. T'es mon pote, j'ai clairement pas l'intention de te faire faux bond maintenant. Ce que je pige pas bien c'est qu'elle avait l'air tout aussi bouleversée, elle, et qu'elle tenait manifestement à lui. Pourquoi elle s'est barrée alors ? J'avoue c'est un mystère pour moi... Et j'ai comme l'impression que je suis pas le seul dans ce cas. Et donc tout en prononçant cette phrase, je lui ai servi son verre, et l'ai reposé dans ses mains. Le même, donc, où il se trouve peut-être encore un peu de rouge à lèvres, ou juste ses empruntes digitales. Je voudrais bien le convaincre que c'est con mais... J'ai bien toujours un pincement au coeur quand je m'empare de mon étui à cigarettes alors...
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:26

Comment avais-je fait pour descendre si bas en si peu de temps? C'était comme si ma vie avant d'entrer dans ce bar n'avait été qu'un doux rêve. Je ne me reconnaissais plus. J'avais tellement mal que j'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre. J'étais incapable de faire quoique ce soit, incapable de parler, de bouger. Comment allais-je rentrer ce soir, si ce n'est par la force? Le temps s'était figé et si je le pouvais, je serais capable de rester là, assis à cette table, indéfiniment jusqu'à me transformer en statue de pierre. Je n'avais plus envie de rien, je n'avais plus goût à rien. Je me demandais même comment j'allais pouvoir sourire à nouveau. Aucune force au monde ne saurait me faire rire là, de suite et comme j'étais très nul en ce qui concernait d'enfouir ses sentiments, je ne me rendais même pas compte que je me donnais en spectacle et que tous les yeux étaient braqués sur moi, de la même manière que si un projecteur était braqué sur moi.

Je ne m'étais même pas aperçu de la présence de Nate dans les parages. Je ne m'étais même pas aperçu que c'était lui qui s'était apprêté à me prendre la dernière chose que l'être que j'aimais le plus au monde avait touché avant de s'en aller. Qu'importe qui ça pouvait être, je l'avais arrêté et lui avait sommé de ne pas me le prendre. Pas maintenant.

"Je veux bien te le re-remplir, mais va falloir m'y laisser un minimum accès pour ça, tu sais... promis t'en seras séparé que quelques secondes." entendis-je une voix familière me dire. Je n'avais pas redressé la tête, toujours dans la même position. Je n'avais même pas reconnu Nate dans sa voix, juste que je l'avais déjà entendu. Mais pour dire vrai, je m'en fichai complètement. Je me fichais d'absolument tout.
"Apporte un autre verre s'il te plait."

Je fixai toujours l'objet avec intérêt. Il était la seule chose qui me rappelait ce qu'il venait de se passer. Qui me disait qu'Ivana m'avait quitté en pleurant et qui m'avait laissé désormais seul. Même si je ne l'étais pas, je ne pouvais me sentir complètement seul. Abandonné.

"Tu veux... en parler ?... Enfin je veux pas te forcer, hein, juste... je suis là."

Quelque chose coula sur mes joues et je me rendis compte qu'après qu'il s'agissait de mes propres larmes. Cette réalisation soudaine me fit lever les yeux vers mon colocataire, que je voyais distinctement à présent, même si mes yeux rougis et embué le faisait apparaitre de façon un peu floue.

"Ça... ça fait mal." prononçai-je à peine de façon audible.
Nouvelle évasion de larmes. Je sentis ma lèvre inférieure trembler et je décidai de les rentrer. Elles avaient un goût amer et salé, elles n'étaient pas bonnes.
Je baissai la tête en mettant mes bras devant les yeux pour cesser l’hémorragie de pleurs, mais cela n'eut que pour effet de redoubler son intensité. J'avais du mal à ne pas échapper les sanglots qui me montaient à la gorge, tel un enfant de cinq ans. Mais comme je me fichais de tout, je me fichais complètement de ce qu'on pouvait penser de moi, là, tout de suite. Ce n'était peut être pas le bon endroit pour ça, mais y en existait-il réellement un?
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:26


J'ai les doigts sur son verre, mais je sens bien que si je veux le lui prendre des mains, il faudra l'en arracher. Ce qui n'est pas vraiment dans mon mode de fonctionnement à la base, et encore moins face à quelqu'un - un pote qui plus est - dans cet état.

« Apporte un autre verre s'il te plait. »

J'ai réprimé un soupir, me suis pincé les lèvres. Je peux faire ça, évidemment, et d'ailleurs c'est ce que je vais faire, mais... tout à l'heure, que ce soit dans dix minutes ou dans trois heures, on en sera au même point, n'est-ce pas ? Il n'aura aucune envie de lâcher cet objet, et je vais pas l'en blâmer parce que je crois que je serais pareil à sa place.

Et quand il a relevé les yeux vers moi, rougis et plein de larmes, sérieusement, j'ai eu du mal à rester stoïque. Je suis au boulot, et je devrais pas être aussi accaparé par un pote, mais là, impossible que je fasse autrement.

« Ça... ça fait mal. »

Ca, j'en doute pas une seconde. Et je comprends mon pote, je comprends tellement. Et comme si le dire y donnait plus de corps, il s’est mis à sangloter comme un enfant, la tête enfouie au creux de ses bras. Et je peux pas rester dans mon rôle de barman, je peux pas le laisser comme ça. Des mecs qui sanglotent sur leur verre, on en a eu d’autres mais là, c’est différent, puisque c’est lui. Je me suis tourné vers mon collègue, et j’ai pas vraiment eu besoin de mettre des mots là-dessus, il a hoché la tête, et pris en charge le bar, pendant que j’attrapais le verre nouvellement rempli pour Kaspar, et que je contournais le zinc pour le prendre par les épaules et l’emmener à une petite table dans un coin du bar, plus discret.

« Viens… »

Je suis pas sûr qu’il se soit trop rendu compte du trajet à travers la pièce, je crois qu’il s’est plus laissé tomber qu’assis dans le fauteuil, le verre que la rouquine a touché toujours dans les mains.

« J’essaierais bien de te sortir toutes les phrases bateau qu’on sort dans ce genre de circonstance, mais je crois que ça sert à rien… »

Genre « tu l’oublieras, va », « une de perdue, dix de retrouvées » ou « ça fait mal un temps, après on se demande même pourquoi on a pleuré ». Des phrases auxquelles j’ai peut-être cru, jusque-là, mais qui me semblent tellement creuses, à moi aussi, maintenant.

« C’était elle, ton ex que t’as revu l’autre jour ?… »

C’est pas comme s’il avait parlé de beaucoup d’autre fille, et vu comme il est naturel au possible, je me dis qu’il aurait sans doute évoqué une autre rencontre, entre temps, si ça avait été le cas. Parce que l’état dans lequel il est, là, c’est pas anodin, c’est qu’il y a forcément eu quelque chose de fort. Et je crois pas qu’il m’en aurait pas parlé… Mais peut-être que je me plante, et peut-être qu’il a pas envie de répondre à mes questions d’ailleurs.

« J’aimerais bien trouver de belles choses à dire, mais je dois bien avouer que j’en ai pas beaucoup. Après on se demande pourquoi j’ai jamais voulu tomber amoureux… »

Sauf que ça se commande pas et que moi aussi, ça m’est tombé dessus. Mais ça, j’ai pas vraiment l’intention d’en parler, et certainement pas aujourd’hui. Je me suis contenté de passé un bras autour de ses épaules, en guise de soutien. Ca vaut ce que ça vaut, mais à cet instant, je sais pas trop quoi faire de plus.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:27

A un moment donné, il allait falloir que je lâche le verre. Que je le laisse s'en aller pour qu'il puisse passer sous la plonge afin qu'il soit de nouveau intact. J'avais déjà touché à d'autres verres qu'Ivana avait touché du bout de ses doigts, mais c'était dans des moments comme ceux là qu'on leur donnait un symbole sacré. J'avais donc interdit au serveur, quel qu'il soit, de me le retirer. Il aurait pu être le prince William en personne que je n'aurais pas fait la moindre différence. Pourtant, j'allais devoir le laisser derrière moi, cet objet aussi. En rentrant, je n'aurais plus rien qui me rattachait à elle. Seulement des souvenirs.

Nate avait enfin apparu dans mon champs de vision lorsque j'avais osé lever les yeux et étrangement, le voir m'avait donné envie de pleurer. Pas que ce soit « lui » en personne qui me donnait cet effet, mais de croiser le regard d'un autre. En faisant front de face comme je le faisais, je le permettait de lire la détresse et la peine que j'éprouvais dans mes yeux. Je devais être bien misérable à voir, tel un clochard. Cela ne changeait pas grand chose à mes habitudes, même si cela faisait une petite semaine que je logeais chez Nate. Ça n'était pas encore suffisant pour remplacer quatre années à la rue.
Nate se plia en quatre pour me traîner jusqu'à un autre coin du bar et je n'y opposais aucune force. Mon corps devait peser lourds, mais j'avais l'impression d'avoir le corps d'une éponge. Une chiffe molle quoi. Je m'étais laissé retomber à l'endroit où il m'avait déposé. Nate se positionna en face de moi et s'abaissa légèrement pour être à ma hauteur. Durant le trajet, j'avais cessé de pleurer comme un gosse et m'étais légèrement calmé. Mon cœur me faisait toujours aussi mal, mais je ne sentais plus rien me couler sur les joues.

« J'essaierais bien de te sortir toutes les phrases bateau qu'on sort dans ce genre de circonstance, mais je crois que ça sert à rien... »

Effectivement Nate, ça ne servira pas à grands choses. Mon esprit s'était braqué et fermé à tout type de moralité ou quoique ce soit de ce genre. Je n'avais pas envie qu'on me fasse la leçon sur quoique ce soit, ni me rappeler que je venais de perdre ma copine. En vérité, je ne réalisais toujours pas ce qu'il se passait et surtout, je ne l'acceptais pas. Ivana était partie sans aucune explication et j'aurais préféré qu'elle me dise une réelle excuse, quitte à ce que ça soit un mensonge. « Il y a quelqu'un d'autre dans ma vie » ou « Je t'aime plus », ce genre de chose quoi. Bien sûr, ça m'aurait aussi fait mal, mais peut être un peu moins que lâché, comme ça. Je vivais cela comme un nouvel abandon.

C'était elle ton ex que tu as revu l'autre jour ? » me demanda mon colocataire.
Et je hochai la tête pour confirmer. Ce n'était pas le moment de lui parler de la manière dont « l'autre jour » s'était terminé et il avait déjà compris que nous étions ensemble... ou plutôt avions été, désormais.
Enfin, ce qu'il me dit par la suite me fit à nouveau redresser la tête vers lui.

« J'aimerais bien trouver de belles choses à dire, mais je dois bien avouer que j'en ai pas beaucoup. Après, on se demande pourquoi j'ai jamais voulu tomber amoureux... »
Je passai un coup de mes bras sur mes joues et me mit à trembler doucement. Ou plutôt, à respirer un peu plus fort. J'avais le nez bouché par le fait d'avoir pleurer et je devais être catastrophique à voir. Mais bon, tant pis.
« Dis moi... de ne plus pleurer. De sourire parce que c'est arrivé. Tu sais Nate, je ne regrette rien. Je ne regrette pas d'avoir pu la revoir. Je ne regrette pas qu'il se soit passé quelque chose entre nous, même si ça a duré qu'un temps et que je me retrouve dans cet état. Et tu sais pourquoi ? »
Je déglutit avant de poursuivre :
« Parce que j'ai passé les plus beaux jours de ma vie. Ça fait mal à la fin, mais c'était vraiment génial, ça en valait la peine. Risquer de tomber amoureux, c'est comme... risquer de sortir de chez soi sous peine de se faire renverser par un bus. Si on se prive de toutes ces choses qui peuvent nous blesser, alors on ne vit plus. Autant rester chez soi, assis dans son canapé, là au moins on risque rien. Je.. préfère avoir le cœur brisé que ne pas en avoir du tout. »
C'était con mais je m'étais auto-réconforté. Un tout petit peu. La peine d'avoir perdu Ivana était encore bien trop grande pour que je sois parfaitement soulagé, mais grand mère m'avait donné son caractère optimiste et combattant. Une partie au fond de moi s'était déjà décidé à la reconquérir, mais pas tout de suite. D'abord, il allait falloir avaler ce qu'il venait de se passer et ça, j'étais pas encore prêt du tout. Il fallait que je traverse plusieurs étapes afin d'accepter et revivre une vie « normale ».
Parce que jamais personne ne me rendra aussi heureux qu'elle.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:27


il m'a suivi, c'est déjà pas mal. Je l'ai un peu traîné, mais... Ca va, il n'a pas opposé de résistance, et heureusement, parce que vu mon gabarit - bien que le sien ne soit pas très différent du mien - j'aurais eu toutes les peines du monde à le faire bouger sinon. Et ça aurait sans doute été assez ridicule, le grand machin tout sec qu'essaie désespérément de déplacer un poids mort, en vain. Mais je suis plus vraiment à ça près, et à ce moment-là, de toutes les manières, j'en ai strictement rien à battre.

c'est pas mon genre de faire la leçon, et j'en ai pas l'intention. Je dis pas que ça m'arrive jamais de juger et de donner des conseils qui doivent sonner comme des leçons de morale, mais dans un cas comme celui-là, je peux vraiment pas la ramener. Parce que ça serait un peu l'hôpital qui se fout de la charité, d'un côté, et parce que, finalement, j'y connais rien, moi aux vraies histoires. J'ai de l'affection pour plein de gens, et une liste de conquêtes longue comme le bras, mais avoir vraiment vécu quelque chose avec quelqu'un... Non, ça m'est jamais arrivé, alors je peux vraiment pas me permettre de l'ouvrir. Ou alors j'aurais ces discours tout fait que le pékin lambda peut asséner à n'importe qui, et ça fait partie des choses qui m'insupportent pas mal, il faut avouer, j'ai pas vraiment envie de m'y mettre à mon tour.

Il s'est mis à respirer plus fort après mes derniers mots, et ses larmes se sont arrêtées. Je sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose, je dois bien avouer. Alors j'attends, plus ou moins patiemment, sans le quitter des yeux.

« Dis moi... »

Ce que tu veux mon pote, tout ce qui pourrait te faire sentir... peut-être pas mieux, mais au moins un peu moins mal.

« ...de ne plus pleurer. De sourire parce que c'est arrivé. Tu sais Nate, je ne regrette rien. Je ne regrette pas d'avoir pu la revoir. Je ne regrette pas qu'il se soit passé quelque chose entre nous, même si ça a duré qu'un temps et que je me retrouve dans cet état. Et tu sais pourquoi ? »

S'il déglutit avant de poursuivre, moi je me retrouve à retenir mon souffle. Je crois que je sais à peu près ce qu'il va dire, et je suis pas sûr d'avoir envie de l'entendre. J'ai pas vraiment besoin qu'on me montre en grand ce à côté de quoi je suis peut-être passé, ce que j'aurais peut-être pu avoir si mon coeur avait pas décidé de s'attacher à la mauvaise personne.

« Parce que j'ai passé les plus beaux jours de ma vie. Ça fait mal à la fin, mais c'était vraiment génial, ça en valait la peine. Risquer de tomber amoureux, c'est comme... risquer de sortir de chez soi sous peine de se faire renverser par un bus. Si on se prive de toutes ces choses qui peuvent nous blesser, alors on ne vit plus. Autant rester chez soi, assis dans son canapé, là au moins on risque rien. Je.. préfère avoir le cœur brisé que ne pas en avoir du tout. »

Le mien manque un battement, à cet instant, et j'ai un peu l'impression qu'il vient de le prendre à pleine main et de le serrer aussi fort qu'il lui est possible de le faire, prêt à le faire éclater.

« Alors ne pleure plus Kaspar. Parce que t'as peut-être bien vécu des choses que d'autres ne vivront peut-être jamais. »

Je regrette ces mots à peine je les ai prononcés. J'ai l'impression de ne faire que répéter ce qu'il a envie d'entendre, et pourtant je crois que je suis parfaitement sincère. Et en même temps, je n'aurais jamais dû laisser entendre tout ça. C'est pas le moment de parler de moi, le but c'est de trouver un moyen de l'apaiser un minimum. Pourtant c'est bien ce qui y est sous-entendu, et je sens bien que mon visage a dû perdre toute couleur pendant son propre discours. Il a sans doute raison, et c'est peut-être ça le pire. Au moins, il a vécu quelque chose, lui...
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:27

« Alors ne pleure plus Kaspar. Parce que t'as peut-être bien vécu des choses que d'autres ne vivront peut-être jamais. »

Mes yeux se relevèrent vers lui et je compris à cet instant que j'avais touché un point sensible. On n'avait pas vraiment discuté de nos relations amoureuses. On y avait touché que la surface, en y faisant un jour allusion, mais on en avait pas explicitement parlé. Je ne savais pas où il en était lui, et quand je l'ai rencontré, il ne m'avait pas donné l'impression d'être malheureux en quoique ce soit. Mais tout le monde ne dégageait pas ses émotions comme je le faisais. Enfin, tout de même.

Je compris aussi que, dans sa phrase, il parlait de lui. Peut être le timbre de sa voix qui l'avait trahit, ou bien la tête qu'il avait fait à ce moment là. Mais je savais qu'il parlait de lui, parce qu'autrement, il ne m'aurait jamais dit ça. Sauf que, vous savez, j'étais un garçon qui avait une logique très directe. Grand mère m'avait un jour dit que je ne prenais jamais le temps de réfléchir, de m'attarder sur des détails, moi ce que je voulais c'était quelque chose de rapide et simple.

A l'heure d'aujourd'hui, ici présent, je venais de me faire plaquer par la fille la plus extraordinaire que je n'avais jamais rencontré de ma vie. J'étais dans un moment où je n'écoutais pas la raison, et où j'étais persuadé que personne d'autre qu'elle pourra un jour me faire l'effet qu'elle m'a donné. Si je voulais faire l'exercice de m'extraire de ma propre personne pour analyser ma situation, je me dirais que c'était idiot de penser ainsi, que la terre était faite de plein d'autres personnes et qu'il suffisait d'un heureux hasard pour finalement rencontrer la personne qu'il me fallait.
Mais là, de suite, j'étais beaucoup trop attaché à Ivana. Je ne savais pas de quoi mon avenir était fait, mais je l'aimais à tel point que je ne voyais qu'elle et personne d'autre. Aucune autre fille, aussi belle qu'elle soit, ne m'attirait.

"Peut être... ou peut être PAS."

Ma voix était encore un peu faible et écorchée et je ne m'étais pas encore remis de mes émotions. Je tenais toujours dans mes mains le verre d'Ivana, ou plutôt le miens dans lequel elle avait bu, comme un précieux objet.

"Personne ne peut affirmer ce que l'avenir nous réserve. Regarde, moi, je l'avais pas vu venir, celle là."

Je parlais de m'être fait plaquer, bien sûr. Rien ne m'avait prédisposé à le faire venir, cet évènement. J'avais fait des efforts, quoique, je n'y avais pas fait réellement attention parce que c'était venu tout seul. Mais la relation que j'avais partagée avec Ivana ces derniers jours n'avaient rien à voir avec celle que nous avions partagée la première fois que nous étions sortis ensemble. Rien. Tout simplement parce que j'étais à présent amoureux, alors que la première fois pas.

"Il n'y a pas de raison pour que l'inverse ne se réalise pas un jour."

J'avais fini par poser le verre d'Ivana en prenant le nouveau afin de m'abreuver de son contenu. C'était pas très bon, j'étais pas un grand fan de Whisky mais pour le coup, ça allait faire l'affaire.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:27


J'ai croisé son regard, et j'ai tout de suite vu qu'il avait compris. Suffisamment, au moins, pour que le sien change un minimum. Suffisamment pour que je sache que j'avais merdé. Trop parlé. Alors même que je ne souhaitais absolument pas détourner la conversation de lui, de ma volonté de l'aider à surmonter cette épreuve - parce que c'en était bien une - et surtout pas pour la reporter sur moi. C'est trop con. Ma situation est con. Ce que je viens de dire l'est tout autant. J'aurais mieux fait de fermer ma gueule.

« Peut être... ou peut être PAS. »

Je suis resté un instant à me demander s'il parlait de moi, ou de lui. A ne pas savoir, en réalité, de quelle éventualité il s'agissait. Mais ça ne pouvait pas être lui, parce qu'il était certain qu'il avait vécu quelque chose de suffisamment fort pour que sa perte le fasse souffrir. Et quelque part, il avait la chance d'en être conscient. Moi alors. Mais ça n'est pas l'heure, pas le jour, et je feins de ne pas comprendre, ou plus exactement, je ne relève pas.

« Personne ne peut affirmer ce que l'avenir nous réserve. Regarde, moi, je l'avais pas vu venir, celle là. »

C'était moi qui devais le réconforter à la base, et j'ai l'impression que je l'enfonce davantage comme il me fait presque la morale. J'esquisse un sourire un peu contrit et reporte tout ça sur lui. C'est peut-être con, mais c'est le mieux que je puisse faire à l'heure actuelle.

« C'est vrai, tu ne peux pas savoir de quoi demain sera fait. »

Je veux pas souligner que moi, je sais très bien que le mec qui fait battre mon coeur ne souhaite pas ce genre de relation, et je passe sous silence le triste exemple qu'il prend pour appuyer son propos. Vu son état, je me doute bien qu'il ne l'avait pas vu venir, il aurait sans doute pu s'y préparer un minimum, sinon. Ce n'est clairement pas le cas ici.

« Il n'y a pas de raison pour que l'inverse ne se réalise pas un jour. »

Arrête, s'il te plaît. Une part de moi a envie d'y croire, mais c'est juste un moyen de me faire davantage de mal. Autant me résigner tout de suite, les faux espoirs, ça blesse davantage encore que la vérité nue. J'ai jamais vraiment voulu que cet 'inverse' se réalise un jour, et là, ça me tombe dessus juste sur la personne avec laquelle, il n'y a aucune chance que ça arrive. Ironie du sort, sans doute. Mais je veux pas en parler, pas ce soir, et je hausse les épaules.

« Qui sait... »

Je noie le poisson, un peu, ouais. Mais qu'est-ce que je peux répondre d'autre, finalement ? Pas grand chose... J'ai pas envie de m'étendre sur le sujet, on n'est pas là pour ça, mais pour lui, qui vide son verre et grimace. Sourire.

« Tu sais... Y a tout un tas d'autres alcools qui te plairaient peut-être plus... quitte à se noyer là-dedans, autant que ça ait un minimum bon goût... »

Et tu parles à un connaisseur, et si je bossais pas ce soir, j'avoue que je t'accompagnerais bien. Mais va pas trop falloir que j'abuse alors... Une autre fois.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:27

J'avais froid. Après avoir pleuré, j'avais toujours froid. Mon corps tremblait et ma température baissait. J'avais pour habitude de résister au froid. Lors des hivers, être à la rue n'était pas bien conseillé. Heureusement, Shaya avait été là, me disant que je pouvais passer le temps chez elle autant que je le voulais. A l'époque, elle était en Amérique et son appartement était donc libre. Cela avait été très généreux de sa part.

Mais là, il s'agissait un autre froid. Le froid qu'une peine vous laissait après vous avoir brisé le coeur. Nate m'avait changé d'endroit pour adopter un qui était un peu plus désert et à l'abri du regard des autres. Moi, je m'en fichais pas mal. J'étais pas le genre de mec fier qui se cachait. Je m'en moquais de ce qu'on pouvait dire sur moi. J'étais moi même, c'était tout. Et, quand j'étais triste, je me fichais encore plus ailleurs. Les gens étaient bien ma dernière préoccupation.

J'avais décri ma façon de voir les choses à Nate. Si je l'avais fait, c'était en particulier pour me rassurer. Nate était dans son boulot et je voyais bien là qu'il était un peu désemparé. En même temps, c'était une surprise autant pour lui que pour moi. La journée avait pourtant bien commencé et s'était effondrée à la fin. Malheureusement. Et à y songer, je me demandais depuis combien de temps Ivana avait réfléchi pour sa décision.

« C'est vrai, tu ne peux pas savoir de quoi demain sera fait. »
- Non, je te le confirme.

Hier encore, je me demandais où j'allais pouvoir emmener ma copine au moment où nous pourrions sortir tous les deux. Je n'avais plus à me poser la question désormais. Pourtant, j'aurais réellement aimé le faire. Énormément, même.
Mais j'étais optimiste. En fait, je ne comptais pas en rester là. Ivana était une perle bien trop précieuse à mes yeux et je n'acceptais pas le fait que ça se termine comme ça. Ivana me cachait quelque chose, qui soi disant était la cause de notre rupture. Quelque chose qui nuisait à "mon bien". Sauf que c'était elle mon bien, c'était elle que je voulais pour être vraiment heureux.

« Qui sait... »

Je ne répondis rien à cela. J'étais sur de mes principes. Après, on pouvait bien tomber comme mal tomber. On arrivait pas toujours à trouver les bonnes personnes. Durant toute notre vie, nous rencontrons des gens bons comme des gens mauvais. Il ne fallait pas s'arrêter sur ses détails. Les détails. C'était quelque chose que j'avais du mal. Je n'aimais pas ça, les détails. C'était ça, les trucs les plus chiants.

« Tu sais... Y a tout un tas d'autres alcools qui te plairaient peut-être plus... quitte à se noyer là-dedans, autant que ça ait un minimum bon goût... »

Je reniflai un coup et montrait mon air surpris par après.

"Mon colocataire m'encourage me noyer dans l'alcool?"
Mais bon. Je n'allais pas dire non. J'avais la force de rien d'autre, de toute façon.
"Surprends moi." lui dis-je alors.

Je pris à nouveau le verre d'Ivana et le fixai avec attention. Je l'attirai jusqu'à ma bouche et fermai les yeux. Cela allait être réellement difficile à m'en séparer.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:28


« Non, je te le confirme. »

Je grimmace, mais tente de ne pas relever. C'est vrai au fond, on ne sait pas de quoi demain sera fait, et il en a eu la triste confirmation aujourd'hui. On a tous de surprises, à un moment ou à un autre, que la vie nous réserve et qui changent parfois beaucoup de choses à nos vies. Des bonnes, des mauvaises, des hauts et des bas comme on dit. C'est la vie, ouais, mais c'est pas pour ça que c'est plus facile à encaisser quand on est dans la phase creuse et qu'on s'y attend pas. L'optimisme, alors, c'est beau. C'est sans doute ce qui fait tenir aussi, cet espoir que ça ira mieux après. Sans ça... J'imagine qu'il n'y a plus vraiment d'échappatoire. Et j'en suis pas à être désespéré à ce point, mais je dois bien avouer que l'espoir que ça ira mieux après, pour ce qui me concerne, il est assez... faible. Voire inexistant. Alors peut-être que je me raccroche à lui, et à l'idée que, peut-être, si elle était si chamboulée elle aussi, c'est bon signe pour lui. J'imagine que ça serait un petit bonheur par procuration si ça pouvait fonctionner pour mon pote, et même si c'est pas très glorieux, je crois que ça me ferait du bien. En attendant, on n'a plus qu'à attendre que ça passe, et tâcher d'oublier la douleur. Alors un verre ou deux, qu'est-ce que ça ferait après tout...

« Mon colocataire m'encourage à me noyer dans l'alcool ?
- C'est pas vraiment mon objectif, mais si y a pas le choix autant que ça soit moins désagréable, non ? J'ai pas vraiment mieux à te proposer là maintenant tout de suite alors... Puis... c'est juste pour ce soir, hein ? »

Parce que bon, l'idée n'est pas non plus de finir alcoolique. Mais pour ce soir, donc, laissons tomber les convenances, tout ce qu'il faut faire ou être pour faire bien. T'as envie de boire ? Vas-y, je suis là. Je bosse, donc je reste sobre, et donc au pire, je te ramènerais jusqu'à la maison. L'avantage d'avoir un coloc', donc...

« Surprends-moi. »

Je l'observe un instant, me frotte le menton, hésite en me levant à prononcer un bouge pas ridicule parce qu'on sait tous les deux qu'il en a pas l'intention à cet instant, d'autant moins qu'il a à nouveau attrapé le verre de la rousse et qu'il y pose les lèvres. Bon. On dira qu'il a été cassé, qu'il fait partie des pertes, va.

Je suis revenu avec un rhum arrangé. Il aime les épices, et même si on est loin du piment de ses plats mexicains, je me dis que la cannelle et le gingembre mêlés, ça doit pouvoir fonctionner. Et puis la rondeur du rhum devrait passer mieux que l'amertume de certains whiskies... Un nouveau verre sous son nez, dont les arômes doivent pas mal se dégager.

« Essaie ça, ça peut peut-être marcher... Lees épices et le sucre de canne devraient faire passer plus facilement le degré d'alcool... »

C'est un peu les petits plaisirs du patrons, ces bouteilles-là, on les sort pas souvent parce qu'elles sont pas censées exister, et donc on est pas censés les vendre, mais puisque ce verre, il sera pas vendu - hors de question - tout va bien, n'est-ce pas ? Au pire, je m'en sortirais bien en lui faisant les yeux doux, ou un truc du genre...
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:28

En fait, j'avais besoin d'alcool. Grand mère serait furieuse contre moi si elle avait été là et elle ne devait pas être fière en m'observant de son étoile, là haut. Mais je m'en fichais. Comme je le disais, l'avis des gens me préoccupaient peu, là, de suite. J'avais besoin de boire un coup, même peut être deux ou trois. Il ne fallait pas que je reste dans cet état parce que même si j'essayais de me remotiver moi même, je continuais à être un état de zombi. Mon corps était lourd et comme il s'était relâché, j'avais l'impression de ne plus avoir de squelette, que de la peau. Mon coeur me faisait toujours mal et le souvenir d'Ivana était toujours aussi fort. Elle n'était partie que depuis un bon quart d'heure, et c'était encore bien trop tôt pour moi. Je ne réalisais toujours pas ce qui m'était arrivé d'ailleurs. Et je ne saurais plus comment réagir vis à vis d'elle. Je me doutais bien qu'elle n'allait plus m'envoyer de message, ni m'appeler. Cela allait me manquer terriblement. Mais pas plus que sa présence, ses caresses et sa façon de me regarder. L'entendre prononcer mon nom, l'écouter parler de sa journée, la regarder rire... je ne le pourrais plus, plus de la même manière. Je savais même pas si on allait se revoir prochainement, étant donné la façon dont ça s'était terminé. En même temps, je n'avais pas le courage de la revoir. Je l'aimais beaucoup trop pour me contenter que d'une simple amitié.

- C'est pas vraiment mon objectif, mais si y a pas le choix autant que ça soit moins désagréable, non ? J'ai pas vraiment mieux à te proposer là maintenant tout de suite alors... Puis... c'est juste pour ce soir, hein ?
- Oui t'en fais pas, ça m'ira très bien, fini-je par répondre. "Je.. j'en ai besoin."

Je lui avais alors demandé de me surprendre. Je ne m'y connaissais pas en nom d'alcool, pour en avoir très peu goûté dans ma vie. Grand mère m'avait autorisé à boire quelques verres de vin de temps en temps, quand on pouvait se le permettre, mais ça n'est jamais allé plus loin. Il y avait que quand j'avais été invité que j'avais pu gouter autre chose, mais je n'avais pas retenu les noms et la saveur ne m'avait pas marqué.

Nate réapparut avec un verre dont l'odeur me montait au nez. Je ne savais pas du tout ce que c'était et il ne me présenta d'ailleurs pas le nom. Il m'expliqua seulement que les épices et le sucre de canne devraient faire passer plus facilement le degré d'alcool. A l'entendre dire, ça devait être fort.
"Je vais goûter" déclarai-je alors en prenant le verre, l'approchant d'abord à mon nez pour encore mieux le sentir. Avoir une sorte d'avant goût. Puis je le portais à la bouche et lorsque je reposais le verre, je fis secouer plusieurs fois la langue en dehors de la bouche.
"Ouach!"
L'avantage, c'était que l'alcool faisait effet. Je ne boirais pas tous les jours de ce truc mais il y avait comme un relâchement quelque part. Je terminai alors le verre sous plusieurs pause en faisant la même grimace à chaque fois.
"C'est mieux que le whisky" finis-je par dire en guise de verdict.
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MessageSujet: Re: 2014.09.02 ♪ And I ain't ready but I'll hold steady [Kaspar && Ivana]   Lun 13 Aoû 2018 - 21:28


Je vais pas dire que c'est une solution, mais... je vais certainement pas lui jeter la pierre. Ne serait-ce que parce que je ferais bien pareil si j'étais pas en poste... Cela dit j'espère bien qu'on est bien d'accord sur le fait que c'est juste pour ce soir, parce que je pense que j'aurais du mal à gérer le sevrage d'un coloc' alcoolique en ce moment. Fort heureusement, ça ne semble pas être d'actualité.

« Oui t'en fais pas, ça m'ira très bien. Je.. j'en ai besoin. »

J'ai juste hoché la tête avant de m'éclipser lui ramener autre chose à boire. Autre chose de fort, mais de plus doucereux qu'un whisky pur. Un peu plus traître aussi, mais on n'était sans doute pas vraiment à ça près.

« Je vais goûter. »

Là encore, je n'ai répondu que par un hochement de tête, et je l'ai regardé humer le parfum fortement alcoolisé qui s'en dégageait.

« Ouach ! »

Réaction réflexe presque et dans d'autres circonstances, je suppose que ses grimaces seraient comiques. Là, bizarrement, je suis plutôt stoïque face à lui, je le regarde faire et je reste encore un peu à sa disposition - tout à l'heure, il faudra bien que je retourne derrière mon bar, mais encore quelques minutes, allez... - mais une bonne partie de mon esprit vagabonde du côté de mes propres déboires sentimentaux. Ridicules, d'ailleurs. Et très ironique, n'est-ce pas ? Fallait bien que ça me tombe dessus un jour après tout, et comme je suis manifestement un bon client de la loi de l'emmerdement maximum... Forcément c'est tombé sur la personne qu'il fallait pas.

« C'est mieux que le whisky.
- Oui c'est plus doux... »

Je me demande un peu s'il va en vouloir un autre - à sa place, je pense que je me poserais même pas la question, mais on est deux personnes différentes après tout - et je me promets que s'il commence à rouler sur la table, personne le laissera partir sans moi et je le ramènerai à la fin de mon service. Je crois que c'est la première fois que j'ai autant hâte qu'il soit terminé d'ailleurs, et c'est pas rien de le dire. Quoi qu'on en pense - n'est-ce pas Keynes Senior ? - j'aime mon boulot, et même pour la perspective de rentrer bien accompagné plus tôt, j'ai jamais vraiment eu envie d'être ailleurs - à part sur scène - et d'écourter ma soirée. Comme quoi, il faut bien qu'il y ait une exception à toutes les règles...

« Je vais devoir retourner derrière le comptoir, Savior... Tu rentres pas sans moi, d'accord ? Je repasse dès que je peux prendre une petite pause et si t'as besoin de quoi que ce soit, hésite pas à faire signe à n'importe quelle serveuse, elles viendront me chercher, ok ? »

Je flippe un peu, j'avoue, à l'idée qu'il tente de rentrer par ses propres moyens. Y a de la route et même si la circulation est moins dense que la journée, il y a tendance à avoir plus de chauffards... Et il risque fort de vite plus trop être en état d'avoir assez de réflexe ni de trop se rendre compte s'il traverse à l'arrache, par exemple... Je suis peut-être un peu parano aussi, et dans le genre scénario catastrophe, je me pose un peu là à cet instant, mais je dois bien avouer que j'ai pas trop envie qu'on m'informe à la fin de mon service ou demain matin que mon pote s'est fait écraser par un poids lourds...

J'ai posé une main sur son épaule, finalement, et je me suis éclipsé. Première fois qu'une soirée me semble aussi interminable. Et puis on est rentrés, en taxi parce que c'était sans doute la meilleure chose à faire pour lui, je le voyais assez mal traverser la moitié de la ville dans cet état. Demain est un autre jour, comme on dit, et je ferais mon possible pour le soutenir autant que je peux, jusqu'à ce qu'il aille mieux. Ca risque de prendre du temps, j'en doute pas mais... Ca viendra, hein ? Pour lui comme pour moi. Enfin j'espère...

C'est quoi déjà cette chanson française, là ?...

Les histoires d'amour finissent mal en général...
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